Une des filles d’Érechthée, le roi mythique de la cité d'Athènes, se trouve mariée à un très beau chasseur, Céphale. Ils forment un couple uni et amoureux. Voilà un début qui ressemble à un dénouement heureux dont il faut tout suite se méfier.

Procris et Céphale
Procris et Céphale © AFP / Peinture de Marcantonio Franceschini (1648-1729), huile sur toile

Imaginez un paysage pastoral : forêts touffues, clairières, ruisseaux, petites grottes et terrains de chasse. Nous sommes aux alentours d’Athènes.

Nous sommes en fait dans une Grèce réinventée à Rome : le monde des Métamorphoses d’Ovide, -- Ovide, l’inépuisable narrateur, le mythologue raffiné, l’artiste de l’amour, le philosophe incognito ; Ovide dont l’œuvre remonte au tournant du premier siècle de notre ère --, Ovide, le poète qui nous a accompagnés, semaine après semaine, dans nos péripéties. 

Nous sommes, de surcroît,  dans un univers fluide, changeant, incertain. Tout s’écoule. Une vache pourrait être une jeune fille, réincarnée dans une carcasse bovine ; un cerf pourrait être un jeune homme, transformé en une proie craintive et appétissante aux yeux de ses chiens affamés ; une fleur pourrait saigner, un rocher ne cesse de pleurer, les étoiles ont vécu des vies humaines… qui sait !  

L’amour m’avait joint cette jeune femme. On me disait heureux, et je l’étais

Tout risque d’être autre chose, ou, pire, quelqu’un d’autre. Tout est peut-être un hybride. Tout est sans doute plus vivant, et plus humain, qu’il n’y paraît. 

La métamorphose crée une atmosphère d’inquiétante étrangeté. Attention ! 

Céphale, donc, se souvient. Ce jeune homme est un héros moins flamboyant que d’autres, il ne fait pas la guerre, il chasse. Les fauves qu’il rencontre sont plus inoffensifs que les adversaires d’Héraclès. 

Ses déplacement sont moins aventureux que les voyages d’Ulysse ou des Argonautes. Voilà qu’il raconte sa vie. 

En partenariat avec Le Point

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Références musicales

- Un extrait de l’air « Un’aura amorosa » tiré de Cosi fan tutte de Mozart et interprété par les Swingle Singers.

- L’air « Soave sia il vento » tiré de Cosi fan tutte de Mozart interprété par Bryn Terfel, baryton-basse, Miah Persson, soprano et Christine Rice, mezzo-soprano, accompagnés par l’Orchestre de Chambre d’Ecosse sous la direction de Sir Charles Mackerras.

- L’air « Se l’aura spira » de Girolamo Frescobaldi interprété par le contre-ténor Benoît Dumon accompagné au luth par Jean-Michel Robert.

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