Un "mâle héros" s’en va, se lance dans le monde, et ensuite il revient. Ce double mouvement définit la vie héroïque au masculin.

"Hercule et Dejanire" de Veronese (1528 - 1588), huile sur toile, Vienne
"Hercule et Dejanire" de Veronese (1528 - 1588), huile sur toile, Vienne © Getty / AGLILEO / Aurimages

Il y a les allers – vers la citadelle imprenable à conquérir, les monstres irrésistibles à maîtriser, les objets précieux à rechercher – et ensuite il y a les retours, qui sont souvent non moins impossibles. C’est logique! Les héros ne vont pas s’égarer dans la nature. Ils rentrent chez eux, ou du moins en pays Grec, là où des femmes les attendent. Il leur arrive aussi de ramener des femmes, rencontrées et même capturées… le récit n’arrête pas : encore une séquelle, encore une saison...

Le thème du « retour » (en grec : nostos, d’où « nostalgie ») est omniprésent dans la mythologie antique. 

La mythologie est une pensée narrative. Comment est-ce que l’on raconte la situation du retour, dans la vie des héros et des héroïnes ? Comment est-ce que l’on pense leur manière de vivre ces moments? Après l’Odyssée, le théâtre nous offre la version la plus riche de ce penser / raconter.

La guerre de Troie réunit dans une large alliance bien des seigneurs des cités helléniques. Ils participent à la reconquête de la femme de Ménélas, roi d’Argos. Cette femme d’une beauté divine, Hélène, fille de Zeus et de Léda, avait quitté son mari et était partie avec un prince troyen, Pâris. Or, le mariage d’Hélène et de Ménélas n’était pas ordinaire. 

Tyndare, le père de cette femme exceptionnelle, l’avait organisé, et même arrangé. Un très grand nombre d’hommes de haute naissance étaient entrés en compétition pour obtenir la main de cette femme qui, par son éclat exceptionnel, faisait l’objet d’une quête plus acharnée que d’autres. Tyndare avait demandé à cette foule de candidats de prêter un  serment solennel : ils s’engageaient à voler au secours de l’époux choisi, au cas où celui-ci subirait une offense à cause de ce mariage. Ensuite Tyndare avait lui-même choisi Ménélas comme époux pour sa fille. 

Lorsque l’adultère se produit, par conséquent, les ex-prétendants tiennent parole. Ils se coalisent et partent en guerre avec leurs troupes – une guerre qui sera longue, sanglante et meurtrière. Une boucherie, en somme, rien que pour une femme. Les héros se rangent aux ordres d’Agamemnon, le chef de cette armée. Il y a parmi eux Ménélas, bien sûr, mais aussi Achille, Ajax, Ulysse (qui tout en entrant en lice pour épouser Hélène, avait opté ensuite pour Pénélope), et bien d’autres. Ces héros sont très nombreux, ce sont les « mâles héros » par excellence, à savoir ces guerriers hors du commun qui, d’après Hésiode, grand poète de l’époque archaïque,  forment la quatrième génération d’humains venu au monde. Leurs retours sont parfois compliqués.

En partenariat avec Le Point

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Références musicales :

- Un extrait de l’air « Sposa son disprezzata » de Vivaldi interprété par Cecilia Bartoli accompagnée au piano par György Fischer.

- Un court extrait de l’air « Un bel di vedremo » tiré de Madame Butterfly de Puccini interprété par Angela Gheorghiu accompagnée par l’Orchestre symphonique Giuseppe Verdi de Milan sous la direction d’Anton Coppola.

- L’air « Come si beffa Amor del poter mio » tiré de Ercole amante de Francesco Cavalli interprété par Renaud Brès accompagné par l’ensemble Correspondances sous la direction de Sébastien Daucé.

- L’air « Cease, ruler of the day, to rise » tiré d’Hercules de Haendel interprété par Anne Sofie von Otter accompagnée par les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski.

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