Les lanceurs d’alerte sont les vigies des temps modernes. Ils font fuiter des documents secrets pour nous alerter sur l’échelle tentaculaire de la corruption.

Antoine Garapon et Pascal Durand
Antoine Garapon et Pascal Durand © AFP

La corruption est une violence sans corps du délit, sans cadavre. La corruption sécrète une oppression sans blessure, une violence par la dissimulation.

Antoine Garapon

Il y a la corruption telle que la loi la définit, et telle que les citoyens la perçoivent, et la rejettent. Cette corruption-là n’est pas que matérielle. C’est une corruption morale, qui encourage les cabinets d’avocats, de conseil ou les banques à organiser la fuite offshore des PROFITS des multinationales ou des particuliers.

Or c'est bien une corruption morale qui brouille la frontière entre les lobbies et nos élus, qui piétine la notion d’intérêt général, qui met en péril les fondements mêmes de nos démocraties.

De ce point de vue, les lanceurs d’alerte sont les vigies des temps modernes. Ils font fuiter des documents secrets pour justement nous alerter sur l’échelle tentaculaire de la corruption.Car comme une pieuvre, la corruption change de forme et de couleur pour s’adapter à son environnement… et pour mieux l’asphyxier.

Elle gangrène nos systèmes politique, financier et commerciaux. Au fond, la corruption nous renvoie à une angoisse profonde : le risque d’effondrement de l’Etat de droit…Alors comment assurer que cette maladie grave de la démocratie ne finisse pas par avoir raison de notre projet de société ?

Pour aller + loin :

Le dossier de la revue Esprit de février 2014 sur le thème : la corruption maladie de la démocratie.

L'article de Alina Mungiu-Pippidi, spécialiste de la lutte contre la corruption, dans le Monde (site payant)

Le film du réalisateur roumain de Cristian Mungiu, Baccalauréat, sorti sur les écrans en décembre 2016

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