Toute la semaine en fin d’émission, retrouvez leschroniques de CO3, la science dans ton chez toi ! Après un passage par Le Mouv’, les 3 colocataires seront dans la tête au carré pour partager leurs expériences scientifiques « domestiques ». Chaque jour un nouveau thème, ce mardi : la perception. Dorothée montre des symptômes inquiétant laissant penser qu’elle est atteinte de synesthésie, de son côté Axel explique pourquoi les appareils ne permettent pas encore d’avoir des rapports physiques à distance.

Notre article :

Se toucher à distance, vraiment impossible ?

Se toucher à distance, ou plus précisément s’embrasser à distance, est en passe de se réaliser. En 2011, le professeur de robotique singapourien Hooman Samani annonçait l’invention de « Kissenger », un robot qui offre « une nouvelle voie pour transmettre un baiser par internet ».

Contraction de « Kiss », et de « Messenger », Kissenger permet à deux personnes séparées géographiquement de s’embrasser par robot interposé. L’engin peut revêtir différentes formes, du « cochon lapin » au « Monsieur Patate » munis de grosses lèvres. L’utilisateur embrasse l’objet, et envoie un baiser à son partenaire bien aimé qui ressent des vibrations à l’autre bout du monde.

Hooman Samani déclarait au Huffington post que ces lèvres en silicone proposent «la meilleure des sensations, elles peuvent être utilisées comme un moyen d’améliorer les communications entre les humains ».

Comment l’objet a-t-il été perçu par ses potentiels utilisateurs ? CBC News avait organisé en 2012 un sondage : que pensez-vous de Kissenger ? Voudriez-vous en essayer un ? Question à laquelle 70,35 % des 2216 votants ont répondu, « Euh, non, merci, sans façon ».

Sondage CBC : Kissenger
Sondage CBC : Kissenger © Radio France / Antoine Bonvoisin

Sommes-nous prêts à utiliser ce genre de technologie, et est-ce que ce sera réellement envisagé un jour ? Sans préciser sa pensée, Hooman Samani a déclaré que le robot ne sera pas commercialisé avant que tous les aspects éthiques et techniques aient été considérés. Dans une conférence au Royaume-Uni, il évoquait aussi le fait que «le baiser est quelque chose de très intime. Afin de pouvoir mettre sur le marché un produit qui va s’attaquer à ce sujet sensible, nous devons effectuer les études appropriées, sur les aspects sociaux et culturels ».

Dans l’extrait de l’émission de CO3, la petite amie d’Axel, à distance, se demande s’il ne finira pas par apprécier plus la compagnie d’un robot que la sienne. Elle n’est pas la première à se poser la question, et en 2007, un doctorant de l’Université de Maastrich en intelligence artificielle soutenait une thèse intitulée « Rapports intimes avec des partenaires artificiels ». Ce scientifique affirme qu’à mesure que les robots prendront un aspect humain, beaucoup de gens pourront en tomber amoureux, coucher avec, et même se marier. Pour lui, « l’amour et le sexe avec les robots sont inévitables ».

Toujours pour ce chercheur, la plupart des raisons qui poussent les humains à tomber amoureux peuvent être appliquées aux relations humains-robots : par exemple, les similarités de personnalité et celles de connaissances.

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