Toute la semaine en fin d’émission, retrouvez les chroniques de CO3, la science dans ton chez toi ! Après un passage par Le Mouv’, les 3 colocataires seront dans la tête au carré pour partager leurs expériences scientifiques « domestiques ». Chaque jour un nouveau thème, ce mercredi : le sommeil. Swan se demande s’il est possible de mourir d’un manque de sommeil, et avec Axel malmène Dorothée dans une expérience « scientifique ».

Notre article (par Antoine Bonvoisin) :

Dans tes rêves

Si dans l’épisode de CO3 Dorothée fait seulement semblant de parler dans son sommeil, ce trouble appelé somniloquie est dans la réalité assez commun. 71 pour cent des hommes et 75 pour cent des femmes affirment avoir déjà parlé dans leur sommeil.

Somniloquie
Somniloquie © Wikimedia Commons

Encore assez peu étudiée, la somniloquie est plus considérée comme un trouble léger du sommeil que comme une réelle maladie. Elle peut apparaître vers 4 ou 5 ans, et survient le plus souvent chez l’enfant de manière ponctuelle lors d’un évènement stressant comme la rentrée des classes. Elle n’a généralement pas de conséquences sur la qualité du sommeil ou le développement.

Est-ce que, comme dans la chanson de « The Romantics », votre petit(e) ami(e) pourrait vous révéler qu’elle ou il vous désire ou a besoin de vous ? Pourquoi pas. Dans le cas de la somniloquie, les interactions sont possibles mais la mémorisation et la conscience font défaut.

La somniloquie est un des troubles du sommeil, comme le somnambulisme ou les insomnies. Une étude de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INVS) révélait en 2009 qu’un tiers de la population française souffre de troubles du sommeil, et que 30 pour cent dorment moins de 6 heures par nuit, le seuil de sommeil considéré comme réparateur. Ce manque de repos serait lié à un risque plus élevé d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires.

En partie mises en causes, les nuisances environnementales participent aux troubles du sommeil : l’éclairage public par exemple, mais aussi l’utilisation d’appareils électroniques, téléphones, tablettes, etc. 42 pour cent des adultes garderaient ainsi leur portable allumés, et les deux-tiers avouent se précipiter pour lire leurs messages nocturnes. On commence aussi à constater l’apparition de troubles d’un nouveau genre, comme le fait d’envoyer des textos en dormant.

Texter en dormant
Texter en dormant © Wikimedia Commons

Bien que les appareils électroniques soient des perturbateurs de notre sommeil, ils pourraient aussi être nos alliés. Depuis plusieurs années se développe un florilège d’applications mobiles destinées à résoudre les problèmes de sommeil, ou tout du moins aider à mieux gérer nos périodes de repos. Sleep Cycle par exemple, analyse les cycles de sommeil grâce au capteur de mouvements de l’iPhone. L’application est ensuite capable de trouver le meilleur moment pour faire sonner l’alarme dans la période de temps optimale pour éviter d’interrompre un cycle de sommeil. Une autre application, Sleep Aid, est destinée à résoudre les problèmes de ronflement. Procédé très discutable, Sleep Aid est censé émettre un sifflement lorsqu’un son désagréable est produit.

Les concepteurs d’applications ont aussi trouvé un public auprès des personnes somniloques : Sleep Talking Recorder permet par exemple d’enregistrer ses paroles nocturnes. L’application n’a pour le moment aucun intérêt scientifique, ce qui n’empêche pas ses inventeurs d’envisager de réaliser un documentaire à partir des histoires de ses utilisateurs :

Même les médias sont friands de somniloquie : en 2011, une internaute faisait le buzz aux Etats-Unis en publiant sur un blog les paroles nocturnes de son mari. De son côté, le Huffington post publiait en 2012 un « best of » des meilleures citations.

Le sommeil était déjà connu comme étant essentiel pour l’apprentissage et la mémorisation. Très récemment, des chercheurs américains ont découvert que le repos pourrait en plus être nécessaire pour l’élimination des toxines du cerveau, ce qui expliquerait l’intérêt de l’alternance entre périodes d’éveil et de repos.

Pour répondre à Swan dans la chronique de CO3 : peut-on mourir d’insomnie ? En août 2013, le décès d’un jeune stagiaire de la Bank of America, à Londres, relançait la discussion. Le Dr Sylvie Royant-Parola répondait fermement sur le site Allodocteurs.fr : « on ne meurt pas de sommeil. Même après trois jours d'éveil ». La privation de sommeil n'entraîne pas la mort, « sauf, si le sujet souffre d'une pathologie cardiaque ou neurologique ». Le jeune homme cité plus haut était épileptique, pathologie qui, additionnée au stress, pourrait être à l’origine de son décès.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.