L'itinéraire du 5-6 ce matin nous conduit en Ethiopie médiévale avec François-Xavier Fauvelle Aymar. Nous passerons aussi par l'Irak pour évoquer la campagne électorale, plutôt baroque... Et puis on se penchera sur le destin de Caracalla, empereur romain célèbre pour son édit mais aussi pour sa cruauté.

Vu d’en haut, ça ressemble à des petits pois. Les pois sont l’une des tendances de ce printemps été 2013, mais je ne vais pas vous parler de mode ce matin ! Non, ce qui m’intéresse ce sont les cercles de fées, en Namibie. Un grand mystère de la botanique, qui vient d’être en partie résolu.

Je vous invite à aller voir les photos sur Internet si vous n’avez jamais entendu parler des cercles de fées, c’est sublime. On dirait des cratères, des cicatrices dans le paysage. Grâce aux quelques gouttes de pluies qui tombent sur le désert du Namib, des plantes graminées parviennent à pousser, mais cette couverture végétale pas franchement luxuriante est parsemée de tâches circulaires, comme si on avait jeté des gros cailloux depuis le ciel, pour empêcher l’herbe de repousser. Des cercles, des couronnes d’herbe haute, en plein désert.

En Namibie, la légende dit que ce sont des traces laissées par les fées lorsqu’elles dansent pour invoquer les démons, d’où leur nom : cercles de fées.

Toutes sortes d’hypothèses ont été avancées pour expliquer cette curiosité de la nature. On a pensé à des impacts de météorites, à des remontées de gaz, à une toxicité du sol, et aussi aux termites. Et c’est finalement cette dernière hypothèse qui est la bonne, un botaniste allemande vient de le prouver dans un article publié par la revue Science.

L’hypothèse des termites n’était pas nouvelle, mais les chercheurs avaient du mal à la vérifier, parce que quand on creuse avec une pelle, on fait fuir les insectes, pardi ! Ils nagent dans le sable sans creuser de galerie solide et ils peuvent déguerpir à facilement.

Notre botaniste allemand, Norbert Jurgens, a donc travaillé avec un souffleur : il a soufflé sur le sable plutôt que creuser, pour finalement découvrir des petits nids de sables très fragiles. Il a même surpris des termites sur le vif en train de détruire des racines. Voilà comment le mystère des cercles de fées n’en est plus un.

Le chercheur explique dans Science que les termites jouent un rôle écologique de « piège à eau ». Pendant la saison sèche, la terre est humide en profondeur, juste au niveau des cercles. Les cercles de fées sont donc des petites oasis dans le désert, les termites ont en fait créé un système de conservation de l’eau de pluie, rien de moins. Voilà qui est précieux pour les autres espèces. Ce qui fait dire à ce cher Norbert Jurgens que les termites sont des « ingénieurs d’écosystème. »

Il faut reconnaitre que c’est un peu décevant. Personnellement j’aimais bien l’hypothèse des fées… même si elle était peut-être plus compliquée à prouver !

Restent néanmoins quelques questions : pourquoi cette forme de cercle ? pourquoi ces galeries de termites tournent-elles en rond ? Autre question, évoquée par Tristan Vey dans le Figaro : pourquoi ces taches circulaires ont-elles une durée de vie de quelques dizaines d'années? Est-ce lié à une migration des termites ou à leur destruction par une espèce concurrente ? Une interrogation plus fondamentale encore subsiste : comment les termites ont-ils acquis cette capacité collective à devenir des ingénieurs d'écosystèmes? Et en ont-ils conscience?

Les termites ont-ils conscience de leur utilité dans le désert de Namibie ? Magnifique. C'est de la métaphysique appliquée aux termites, rien de moins ! L’énigme des cercles de fées est en partie résolue, mais il reste encore des questions. Me voilà rassurée.

Les cercles de fées dans le désert de namibie
Les cercles de fées dans le désert de namibie © Radio France / Norbert Jürgens
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