Le 5 avril est une date féministe ! En 1971, paraissait dans le Nouvel Observateur le "manifeste des 343", qui sera rebaptisé "manifeste des 343 salopes" par Charlie Hebdo. Au sommaire du 5-6 également, un double regard sur l'Afrique : on parlera des investissements chinois à Brazzaville et du Mali au Moyen Âge.

Non, on ne voit pas Joël Collado. J’aime autant vous prévenir, si c’est pour cela que vous vouliez aller voir « la Maison de la Radio », le documentaire de Nicolas Philibert qui est en salle depuis mercredi. Dans ce film, on voit Patrick Cohen, on voit François Busnel, on voit Collin et Mauduit, on voit beaucoup d’anonymes de la radio aussi, à France Inter, à France Culture, à France Bleu, dans les couloirs de Radio France… Mais on ne voit pas Joël Colado. Désolée.

Enfin désolée, pas vraiment, ce n’est pas de ma faute, mais je sais que certains d’entre vous vont être déçus, parce que c’est toujours la première chose que l’on me demande quand je dis que je travaille à France Inter : ah oui, alors tu connais Joël Colado ?! Eh bien non, je ne l’ai jamais vu, pour la bonne raison que Météo France est à Toulouse. Joël est en direct depuis Toulouse tous les matins.

Cette légère déception mise à part, « la Maison de la Radio » est une merveille. J’ai hésité à vous en parler ici, parce qu’il en a déjà beaucoup été question sur notre antenne depuis quelques jours, et comme c’est un film sur nous, cela peut sembler un peu mégalo ! « Attention à l’endogamie », me disait hier Laurent Delmas dans un couloir...

Au diable l’endogamie, je vous recommande chaleureusement d’aller voir « la Maison de la Radio » parce que ce n’est pas seulement un film sur les coulisses de la radio. C’est un film sur le son, et c’est fascinant.

Dans cette galerie de personnages très riche, il y en a un en particulier, une femme, qui m’a beaucoup touchée. Je ne la connaissais pas, alors j’ai été très attentive pendant le générique de fin pour repérer son nom. Elle s’appelle Marguerite Gateau, elle travaille pour les fictions de France Culture. Sous sa direction, les comédiens jouent une scène, la rejouent, lisent, relisent, répètent, refont… et son visage qui écoute est fascinant. Elle tend l'oreille, elle vit la scène, elle vibre à l’unisson avec les acteurs. D’ailleurs on ne voit qu’elle, la caméra ne filme pas les comédiens dans le studio, de l’autre côté de la vitre. Même chose quand il s’agit de reconstituer le bruit d’un cercueil qui descend au fond du caveau : on ne voit pas comment est fabriqué ce bruitage, on voit le visage de celle qui écoute… celle qui doit décider si oui ou non ce bruit ressemble bien à celui d’un cercueil. Est-ce qu’il a l’air assez lourd ?

Puisqu'on ne voit pas, on écoute d'autant mieux. On fait comme Marguerite, en somme. En travaillant le hors-champ, en ne montrant pas tout, Nicolas Philibert nous incite à tendre l'oreille, il respecte la magie de la radio. Il filme le son à la perfection. Et tout comme Baudelaire voyait « un hémisphère dans une chevelure », il y a un univers sur le visage de Marguerite. Je vous assure, c’est presque aussi beau que si on vous montrait Joël Collado.

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