Un voyage en ballon à Lyon et des bulles de savon : il y a comme une allitération dans notre inventaire du jour ! Le voyage en ballon à Lyon, c’était en 1784 : la première femme aéronaute du monde au coeur des oubliettes du temps ce matin. Quant aux bulles de savon, elles ne quittent pas mon invitée de la semaine : le docteur Chantal Wood est spécialiste de la douleur, "bobologue", elle nous expliquera pourquoi les bulles de savon sont pour elle un outil de travail.

Non, il n’y a pas de lézard sur Mars. En tout cas s’il y en a un, on n’a pas de photo de lui. Si je vous dis ça, c’est parce qu’un cliché de la planète rouge, pris grâce au robot Curiosity, a beaucoup circulé sur Internet. On y voit un lézard (ou un rat, pour certains) tapi entre deux rochers, preuve qu’il y a de la vie sur Mars ! Eh bien non, en fait, c’était juste un caillou. Le jeu d’ombre et de lumière sur la photo peut donner l’impression qu’on voit un reptile, et encore il a fallu beaucoup zoomer pour cela, mais c’est juste un caillou.

Cette affaire m’a donné l’occasion d’apprendre un nouveau mot, dans la presse qui s’en est fait l’écho : paréidolie.

La paréidolie est la tendance à reconnaître, dans une forme naturelle ou complètement aléatoire, une forme humaine ou animale. Le meilleur exemple, ce sont les nuages ! On a tous déjà vu, en regardant les nuages, un dromadaire, une sorcière sur son balai, ou plus simplement le visage de tante Chantal. « Mais si, regarde mieux, là c’est le nez, à droite une oreille, et au dessus les deux bidules là, ce sont les yeux, pardi ! » Ce qui est frappant avec la paréidolie, justement, c’est qu’on ne voit jamais tous la même chose. « Un dromadaire ? Pas du tout, c’est un raton laveur, tu vois bien. »

A partir de la même stimulation visuelle, chacun reconnaît une forme qui lui est familière. Ce qu’on voit n’est pas une réalité objective. Ce qu’on voit est fait de ce que nous sommes, de notre histoire, de notre entourage, etc. Je me fais souvent la réflexion avec les couleurs : on nous a montré des couleurs dans notre enfance, en nous disant : « voilà du bleu, voilà du rouge ». On a retenu que telle stimulation visuelle correspondait à tel mot : bleu, rouge. Mais qui me dit que je ne vois pas en rouge ce que vous voyez en bleu ? Au-delà des troubles de type daltonisme, il est impossible de savoir si votre perception du rouge et du bleu est la même que la mienne.

La paréidolie est utilisée dans des diagnostics phycologiques, avec des tâches d’encre : le praticien demande au patient ce qu’il voit dans telle ou telle tâche. Le cerveau humain a tendance à chercher une image familière dans une forme inconnue, et cela peut être riche de sens.

Mais le mieux, avec la paréidolie – outre que c’est un très joli mot – c’est qu’elle est comme la prose de monsieur Jourdain : on en fait tous sans le savoir ! En levant simplement le nez au ciel et en regardant les nuages.

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