Ce matin, 1°c au compteur de la Maison de la Radio, un beau croissant de lune, une pénombre tranquille. Tout juste si les oiseaux ne chantaient pas déjà. Je me suis dit que la vie était belle. Et en lisant le Point qui sort aujourd’hui, un article signé de Marc Fumaroli, l’académicien, m’a sauté aux yeux, comme on dit. Il a comme bondi des pages de papier glacé pour me réchauffer l’esprit. C’est un article sur la nécessité de reprendre les grands textes de notre patrimoine littéraire et intellectuel. De les relire, les revisiter. Selon Fumaroli, il ne faut plus se satisfaire du réel immédiat délimité par les sciences sociales car on le voit, « les hiérarques issus de cet enseignement se montrent incapables de comprendre, et à plus forte raison d’affronter, de dompter, la modernité inédite d’aujourd’hui et de demain ». Alors Marc Fumaroli propose autre chose, de totalement révolutionnaire. Selon lui, il est urgent de revenir « à la grammaire, aux langues anciennes, aux grands livres classiques, à l’histoire européenne, à la géographie humaine et même aux bases mathématiques élémentaires ».

C’est assez de s’enthousiasmer systématiquement pour toutes les révolutions, technologiques, politiques, et autres, elle masquent mal la dépression refoulée qui terrasse le globe terrestre.

Ainsi, comme un cri du cœur, Marc Fumaroli propose de mener la seule vraie révolution qui vaille : celle de l’éducation. Car elle seule « aide à faire croître des caractères aussi différents que les semences du jardinier", les éduque –étymologiquement, ce verbe e ducere signifie faire sortir, conduire au dehors- pour devenir divers, libre, exercés au savoir vivre ensemble.

Bref, relisons les maîtres : Molière, La Rochefoucauld, Pascal, Voltaire, Stendhal, et rééduquons-nous au contact de leur génie, pour avoir plus d’efficacité.

AU MENU DE NOTRE EMISSION

Dans 10’ on part avec un paléontologue fouiller à mains nues dans la terre bolivienne, à la recherche de fossiles précieux, pour deviner les traces de ces créatures disparues il y a plusieurs millions d’années.

à 5h25, RDV en Inde avec une journaliste de l’agence France Presse qui nous parle de cette caste des intouchables, les moins bien lotis du pays : leurs droits sont-ils respectés, sont-ils vraiment tous mis au ban de la société. Nous verrons que le tableau est plus nuancé que d’habitude

5h40 : Colombe Schneck commente la remise hier du Prix France Télévision à Antoine Choplin pour son roman « la nuit tombée », sorte d’épopée à travers la campagne ukrainienne ; Le beau texte d’un écrivain peu connu, sur lequel a parié un petit éditeur de Lyon. Bref une belle histoire à raconter.

Et puis j’espère que vous les femmes, avez revêtu ce matin votre plus belle robe de brocart, si possible rehaussée de fourrure, de colliers et de bijoux car, à 6h-10, on assiste au mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII, un 06/DECEMBRE/1491… ce sont nos oubliettes du temps, à la toute fin de l’heure ensemble.

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