C’est Christophe Barbier, le patron de l’Express qui attire notre attention cette semaine sur cette facture salée que va devoir payer la France : encore une absurdité bureaucratique. La cour européenne des droits de l’homme, qui siège à Strasbourg, vient de condamner la France à verser la modique somme de 4 millions d’euros à une poignée de sectes au nom de la liberté de pensée de conscience et de religion. C’est une histoire à dormir debout !

Les juges de Strasbourg ont condamné Paris à verser, pour "préjudice matériel", 400 000 € à l’Eglise évangélique missionnaire, sise près de Besançon, 3 millions 600 000 euros à l'Association cultuelle du temple pyramide, et 37 000 euros à l'Association des chevaliers du lotus d'or, toutes deux liées à la secte du "Mandarom". Vous vous souvenez peut-être de cette secte tenue par le «messie cosmoplanétaire» , Gilbert Bourdin, un Yogi venu de Martinique qui s’était fait construire une statue de 33 m de haut à son effigie, près de Castellane, dans les Alpes de Haute Provence ? Eh bien ses adeptes viennent de décrocher le gros lot !

En fait, il y a quelques années, l’Etat laïc n’avait pas reconnu ces associations comme des cultes. Elles devaient donc s’acquitter d’une taxation de 60% sur des dons apparaissant dans leur comptabilité. Eh bien la Cour européenne des Droits de l’homme vient d’annuler ce jugement.

« Que la cour refuse de trancher sur le débat de fond, en se demandant par exemple ce qu’est véritablement une religion et ce qui ne l’est pas, pour s’agripper au droit européen a quelque chose de grotesque. Comment une instance censée protéger la liberté des européens peut-elle faire preuve d’autant d’aveuglement ? Grâce à la magie bureaucratique, qui chérit plus que tout les processus sans queue ni tête et qui ne craint absolument pas les conclusions absurdes.

« Punir une violation de la liberté de pensée, de conscience et de religion, c’est supposer, écrit Christophe Barbier, qu’il y a une pensée sous le béton peint des statues du Mandarom, une conscience chez les gourous qui se soucient peu de l’âme de leurs adeptes et une religion sous le fatras psychédélique des sectes ».

La France paiera-t-elle cette sommes déshonorante ? Nous le verrons. En attendant, le Mandarom tient sa revanche. Dieu seul sait ce qu’il fera de cet argent !

Au menu de notre matinée ensemble, dans 10 minutes, on plonge dans les brumes de notre cerveau avec Laurent Cohen, neurologue passionnant qui nous explique pourquoi le rire est un atout incontestable de l’homme, par rapport aux animaux. A 5h25, on appelle la Chine qui prépare les festivités du nouvel an. Celles-ci se dérouleront ce week end, et Sébastien Blanc, correspondant là-bas, nous racontera ces fiancés que certains chinois louent pour l’occasion, histoire de rassurer leurs parents sur leur vie amoureuse. A 6h-15, Colombe Schneck lira pour nous le magnifique livre de l’anthropologue Françoise Héritier qui goute la vie à pleine dents et à 6h-10, en toute fin d’heure, nous évoquerons la censure qui s’est abattue, il y a 2 siècles et demi, sur 2 articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Ca s’est passé un 7 février, en 1752, un historien nous racontera.

Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.