Au programme du 5-6 ce matin : une cérémonie laïque en 1794, la rentrée des classes aux Philippines, une séance d’hypnose pour calmer la douleur et une histoire d’amour « so french » dans la chronique "Allo l'Europe".

Comment le mulot tombe-t-il amoureux ? Voilà la question sur laquelle se sont penchés des neuroscientifiques américains. Leurs résultats ont été dévoilés cette semaine dans la revue Nature Neuroscience.

En fait on ne parle pas du mulot, mais du campagnol des prairies. C’est presque la même chose : un petit rongeur très mignon. Une espèce intéressante que ce « microtus ochrogaster » ! Car c’est l’un des rares mammifères à être monogame ! Il ne vit pas très longtemps (autour de deux ans), mais lorsqu’il rencontre son partenaire, il passe toute sa vie avec. Le partage des tâches est assez équilibré apparemment, chez le campagnol des prairies, le mâle et la femelle s’occupent ensemble des enfants, mais ce n’est pas le sujet.

Non, le sujet c’est la monogamie et ses explications cérébrales ! Quel est le phénomène neurochimique qui conduit à cette pratique sociale ? On savait déjà (enfin moi non, je découvre tout cela en bloc, mais la science savait déjà) que la fidélité du campagnol des prairies à son partenaire est favorisée par la libération massive dans certaines zones de son cerveau d’un cocktail d’hormones : un mélange d’ocytocine et de vasopressine. Le phénomène se produit après le premier accouplement et explique donc pourquoi le campagnol s’attache.

Ce que des neurologues en Floride viennent de montrer, c’est que lorsqu’un couple de campagnol se forme, l’ADN de chacun des deux partenaires est modifié. Ce ne sont pas les chromosomes en eux-mêmes qui changent, mais leur configuration. On parle d’un phénomène épigénétique. Ces travaux montrent pour la première fois qu’un sentiment d’attachement s’accompagne d’une modification de la configuration de l’ADN et donc dans la nature profonde de l’animal. A ce stade on peut dire que notre mulot a sa partenaire dans la peau, ou en tout cas dans ses gènes !

Vous me voyez venir… Avec quel autre mammifère est-on tenté de faire un rapprochement ? Avec l’homme, pardi ! Il parait que l’attachement est un peu plus compliqué à étudier dans le cerveau de l’espèce humaine. Prenons tout même les paris : àmon avis, la prochaine étape, c’est l'invention du philtre d’amour ! La potion magique que boivent par erreur Tristan et Yseult et qui les rend, justement, attachés pour la vie.

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