Où sommes-nous quand nous sommes là, ensemble ?

Justement, Gaston Bachelard analyse, en 1951, ce qu’est véritablement la radio : il la considère comme le média par excellence de la psyché humaine car on peut l’écouter en paix et parce qu’elle seule peut distiller une parole un peu cosmique…

La radio doit aller chercher, écrit Bachelard, dans le fond humain, dans nos inconscients, son principe d’originalité et surtout, son principe de rêverie. Car c’est cela la radio, un magnifique vecteur de rêverie. On n’est pas écrasé par l’image autoritaire voire tyrannique de la télévision. Pour accompagner la rêverie, le calme propre à l’écoute radiophonique, Gaston Bachelard ajoute qu’il faudrait supprimer les habillages sonores agressifs, qui blessent les oreilles et qui grincent. Il faut « de la douceur avant toute chose » martèle Bachelard… et revenir à cette maison natale, que chacun de nous habite au fond de sa mémoire…

La maison natale dans laquelle vous retrouvez les crapauds dans la cave et les rats au grenier... dans laquelle on entend le poêle ronfler, on sent la paille de la grange voisine...

"la radio donne à l'auditeur l'impression d'un repos absolu, d'un repos enraciné. L'homme est une plante qui peut se transplanter, mais il faut toujours qu'il s'enracine."

Réflexions à partir de l'article publié dans la revue La Nef, février-mars 1951 et repris dans le "Droit de rêver", PUF 1970

(merci à Jean-Louis Tissier!)

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