Au sommaire du 5-6 ce matin : un mathématicien enthousiaste, la revente de musique numérique "d'occasion" interdite aux Etats-Unis, et la naissance du club de Rome le 8 avril 1968 ("Halte à la croissance?")

40.000 personnes. Ils étaient 40.000 hier à se faire du mal, pardon à relever un magnifique défi. 40.000 au départ du marathon de Paris. C’est très beau, un marathon, quand on le regarde depuis le bord de la route : cette marée humaine bariolée, tous ces coureurs dégoulinants, ces visages tordus de douleur et dont le regard s’illumine quand on les encourage.

Mais ce qui m’a surtout frappée hier, ce sont les montres des marathoniens. Ils portent tous ou presque de très grosses montres. Voilà un gadget indispensable apparemment pour les adeptes de la course à pied aujourd’hui (d’ailleurs on ne doit plus dire course à pied, mais "running"): la montre podomètre GPS. De quoi mesurer la vitesse en temps réel, mais aussi la vitesse moyenne sur toute la course et sur tous les footings de l’année, les calories dépensées, le dénivelé, la position GPS, la fréquence cardiaque, le nombre de foulées, et j’en passe. La grosse montre, apparemment, c’est l’idéal aussi quand on n’a pas de petit camarade pour aller courir : elle propose un « partenaire virtuel », un petit bonhomme qui apparait sur l’écran, dont on règle la vitesse de course avant de partir et qu’on peut suivre, sur le cadran, pour se donner du courage. On essaie de le suivre, de se mesurer à lui, et ce « meneur d’allure » aide à s’entrainer. L’autre intérêt, c’est qu’on peut diffuser toutes ces mesures sur Internet, via les réseaux sociaux, pour comparer ses résultats avec ses amis.

Tout cela n’est pas nouveau, mais c’est une tendance en plein essor, favorisée par l’émergence des applications sur téléphones portables. Un phénomène baptisé le « quantified self », que l’on pourrait traduire par la « mesure de soi » : mesure toi toi-même, en quelques sortes.

D’ailleurs la CNIL, la commission d’informatique et des libertés s’est penchée sur cette tendance récemment, et a publié des recommandations. Elle incite les internautes à être prudent. Mieux vaut utiliser un pseudonyme quand on met en ligne des données à caractère médical : qui sait si une banque ne va pas s’intéresser de près à notre fréquence cardiaque avant de nous accorder un prêt...

Cette tendance du quantified self ne concerne pas seulement le sport. Il existe des applications pour mesurer le sommeil (pour savoir combien d’heures vous avez dormi dans les trois derniers mois par exemple), mais on peut aussi mesurer aussi sa glycémie, sa tension artérielle : on assiste à la multiplication de capteurs et d’applications sur smartphone en tout genre qui permet aux adeptes du « quantified self » de tout mesurer.

La toute dernière trouvaille, c’est l’application pour prendre son pouls. Il suffit de braquer la caméra du téléphone sur son visage, les variations de lumière causées par le flux sanguin reflètent les battements cardiaques. C’est une application développée par Fujitsu qui devrait être commercialisée au mois de juin prochain.

Et le quantified self s’est même attaqué au jardinage ! Une marque française, Parrot, commercialise un capteur baptisé « flower power » : on le plante dans le pot d'une plante d’appartement par exemple et ce capteur va envoyer des messages sur votre téléphone portable pour vous prévenir quand il faut arroser la plante ou la déplacer parce qu’elle a trop froid près de la fenêtre, etc. Votre plante verte vous parle, en somme ! C’est fascinant ou terrifiant, selon le point de vue...

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