La guerre est là, à notre porte. Ne parlons pas des tensions en Tunisie qui risquent évidemment de trouver écho dans nos quartiers, mais plutôt de cette immense folie: celle d’avoir laissé un pays comme la Syrie s’enferrer dans un conflit qui n’a peut être pas d’issue.

Comment acceptons-nous, en conscience, qu’un pays dont la tradition est pacifiste et qui a toujours cherché l’harmonie courtoise entre ses différentes composantes sociales soit depuis deux ans gangréné par une violence endémique, irresistible, diabolique ?

Qu’avons-nous fait pour éviter qu’entre le Liban, Israël, l’Irak, la Turquie, sur les rives de la Méditerranée, un cocktail aussi explosif se concocte ? Qui a intérêt au chaos, qui a peur de voir partir Bachar el Assad, ce sinistre sire agrippé à sa couronne ? Qui refuse d’armer l’opposition et la rend donc incapable de prendre l’avantage ?

Nous paierons notre attitude dédaigneuse un jour, c’est certain. Lorsque des règlements de compte auront lieu, après la guerre, je ne suis pas sûre qu’alors les admonestations de la France, de l’Europe, des Etats-Unis aient quelque poids pour limiter les dégâts étant donné l’attitude que nous adoptons en ce moment même. Pas sûr donc que les 10% de Chrétiens du pays, que les druzes, que les alaouites, qui ont toujours fait la richesse de la société syrienne, ne soient pas exterminés ou poussés vers la sortie jusqu’au dernier pour avoir soutenu le régime, sans espoir d’avenir dans une Syrie libérée.

Les demandeurs d’asile politique font la queue à Paris, les réfugiés s’entassent dans des camps insalubres en Turquie, il y aurait 160 000 prisonniers en ce moment dans le pays dont la plupart sont régulièrement torturés, plus de 700 000 exilés, 60 000 morts depuis 2 ans, il n’y aurait plus de pain, plus d’essence, plus de mazout dans les grandes villes où il fait froid en ce moment, et quel espoir ?

Cruel désenchantement après l'illusion démocratique, la force de ces foules sans armes qui défilaient doucement dans les grandes villes syriennes il y a 2 ans. A l’époque, nous disions être de leur côté...

Ce matin, dans le NY Times, on apprend que Barack Obama a refusé d’armer l’opposition, contre l’avis de la CIA et d’Hillary Clinton. Peur que les armes tombent dans de mauvaises mains, peur de s’impliquer dans un conflit trop parallèle à l’Irak.

Mais hier, une lueur d’espoir dans ce récit que j’ai entendu de la bouche d’une syrienne au téléphone, qui vit là-bas, qui résiste, et qui raconte sa vie quotidienne recluse dans son quartier. Elle évoquait les barrages militaires qui quadrillent les rues désertes et rythment les fouilles des voitures et des hommes. Parfois ces barrages sont tenus par des jeunes conscrits qui peuvent avoir 15-16 ans et ne savent pas quoi faire d’autre. Eh bien les habitants du voisinage leur apportent du thé chaud, des victuailles. Et pas pour dire leur soutien à l’armée, au régime et tout et tout. Non, simplement pour honorer une tradition, celle d’un pays vieux comme l’humanité, où l’hospitalité est sacrée comme dans tout le monde musulman. L’étranger est mon hôte. Je le nourris, j’en suis responsable. Exit le politique, place au cœur, tout simplement. C’est le dernier rempart qui peut-être sauvera la Syrie !

SOMMAIRE DE L'EMISSION

Au menu de notre matinée ensemble, nous poursuivons notre promenade avec le neurologue Laurent Cohen qui nous parle des effets de la lecture sur notre cerveau. A 5h25, ns appelons l’Autriche, Vienne, où s’est déroulé hier le plus beau bal de l’année. Le bal de l’Opéra, entre les mondanités, les saucisses et surtout l’ombre portée de Sissi l’Impératrice sur les festivités.

A 6h-10, dans nos oubliettes du temps, nous évoquons un évènement tragique qui s’est déroulé un 8 fév, en 1962… La manifestation contre la guerre d’Algérie qui dégénère au métro Charonne à Paris, La police de Maurice Papon réprime… et 9 manifestants meurent dans la bousculade. Un historien nous raconte...

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