On dit souvent que le monde change. Que notre époque est en pleine mutation. Toutes ces phrases ne veulent pas dire grand-chose si on ne va pas dans le détail de ce qui change, pour comprendre les tenants de notre société.

La guerre a quitté le monde occidental, ou presque. Elle se fait ailleurs, avec des Occidentaux. Ce qui veut dire que la violence qui se manifestait hier par les armes, sur les champs de bataille, dans un cadre donné, retombe sur nos relations comme une pluie fine.

REVUE BOOKS - DECEMBRE 2012

1ère déduction de la psychiatre M France Hirigoyen ; Dans notre monde occidental, la brutalité n’a pas disparue, elle s’est simplement faite plus subtile, en particulier dans les classes sociales les plus favorisées.

2e déduction : notre époque valorise ceux qui parlent fort, qui se montrent qui ont un ascendant sur les autres. C’est eux qui réussissent. Ce sont des valeurs presque inverses à celles du passé où le tacticien tranquille, l’homme réfléchi avaient le pouvoir.

3e constat : L’autonomisation des femmes a eu pour effet pervers de mettre les hommes dans une sorte d’insécurité affective, puisque les femmes peuvent désormais partir, elles gagnent leur vie, font des projets et le divorce n’est plus une anomalie. Du coup, selon la psychanalyste MFrance Hirigoyen, ils réagissent à cette insécurité par des démonstrations de force, de masculinité, d’autoritarisme. L’homme peut obtenir par la pression, la culpabilisation ou la manipulation ce qu’il n’obtient pas spontanément de sa partenaire.

Les mutations au travail, les nouvelles technologies, les nouvelles méthodes de management, ont profondément changé notre psychologie. Nous manifestons une plus grande fragilité narcissique. Cela se traduit par une plus grande intolérance à la frustration et aux attaques à l’estime de soi. Bref, nous sommes de plus en plus susceptibles : c’est pourquoi la violence affleure plus fortement que chez nos prédécesseurs, dès lors que nous nous sentons dénigrés.

La force des tranquilles est pourtant bien réelle. Selon une étude publiée dans le journal allemand Der Spiegel, les introvertis composeraient entre 1/3 et la moitié de notre société. Ils sont donc bien présents mais moins visibles, moins bruyants, oserais-je dire. C’est à eux aux discrets de notre monde, que nous consacrerons notre édito demain, avec la revue Books.

Au menu de notre matinée ensemble, nous commençons cette nouvelle semaine avec un anthropologue de renom, Alain Testart, qui a consacré sa vie à l’étude des hommes du néolithiques, nos vrais ancêtres. Il s’est aussi passionné pour les aborigènes d’Australie. Il nous parle aujourd’hui de la genèse de sa passion. A 5h25, nous partirons justement vers l’autre versant australien, à Canberra, une grande ville d’où nous écoute chaque jour où presque Coralie, française expatriée là-bas. Loin des clichés de surfeurs et de soleil ; elle nous parlera de l’actualité australienne qui d’ordinaire ne nous parvient pas.

Et puis à 5h40, Colombe Schneck commentera le dernier opus d’un éditorialiste hilarant, François Reynaert. Et à 6h-10, dans nos oubliettes du temps, nous appelerons un historien François Comba, qui nous racontera la façon dont Sartre refusa, un 10 décembre 1964, le prix Nobel de littérature./

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