Mettons le nez en sous-sol ce matin ! D’abord dans les termitières et dans les nids de guêpes. L’architecture des nids d’insectes est un sujet d’étude méconnu et passionnant, c’est celui de mon invité pour toute la semaine. Eric Darrouzet est biologiste, il signe un livre intitulé « les insectes bâtisseurs ». Ensuite, direction les catacombes de Paris : le 10 juin 1786, des centaines de milliers de corps sont transférés depuis le cimetière des Innocents vers le sous-sol de la capitale.

Les auditeurs de France Inter sont exigeants, pointilleux, ils ont le souci du détail. C’est un plaisir d’en avoir régulièrement la confirmation grâce aux courriels que l’on reçoit ! Il y a quelques semaines, un auditeur me faisait remarquer que j’avais parlé des « Français expatriés à l’étranger ». Malheureux pléonasme ! Je ne commets plus cette erreur depuis, je parle des « Français installés à l’étranger » ou des « expatriés tout court » !

Cette fois, voilà un message d’Agnès reçu pendant le week-end dans la boite mail du 5-6. « Merci pour votre émission qui me réveille chaque matin, écrit Agnès, dans le beau désordre des terres nocturnes désertées par les rêves. Mas il y a une ombre au jour naissant, précise notre auditrice, celle d’entendre Dorothée nous dire presque tous les matins que le monde est à nous, à ceux qui se lèvent tôt. Je me trompe peut-être, poursuit-elle, mais il me semble bien pourtant que c’est l’avenir, suivant le vieil adage, et non le monde, qui est à ceux qui se lèvent tôt ».

Alors, est-ce le monde ou l’avenir, qui appartient à ceux qui se lèvent tôt ? Eh bien je n’ai pas la réponse. Si l’on en croit Internet - je vous accorde que ce n’est pas très fiable sur ce genre de questions - les deux peuvent se dire. Quant aux pages roses de mon petit Larousse, celles qui répertorient les proverbes et maximes, elles ont oublié celui là, c’est un scandale ! « La pluie du matin réjouit le pèlerin » est le seul dicton matinal que j’y ai trouvé. N’hésitez pas, chers auditeurs, si vous avez une réponse, j’attends vos courriels.

En attendant, j’ai une réponse scientifique pour Agnès, grâce à une équipe de chercheurs de Liège, en Belgique. Leurs résultats ont été publiés il y a quelques années déjà : la grasse matinée permettrait d’être plus productif que le réveil aux aurores, à temps de sommeil égal. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de Christina Schmidt a mesuré par résonance magnétique l’activité cérébrale de deux groupes, l’un se couchant et se levant naturellement tôt et l’autre plus tardivement. L’objectif était d’évaluer la résistance de chacun à la fatigue en mesurant leur performance lors d’une tâche d’attention visuelle. Les résultats sont sans appel. Une heure et demie après leur réveil, les lève-tôt et les lève-tard sont aussi efficaces les uns que les autres. Mais lorsque les mesures sont faites plus de dix heures après le lever (c’est-à-dire à 16 h pour les uns et 20 h pour les autres), les personnes qui se couchent et se lèvent spontanément tard sont beaucoup plus vigilantes que les personnes « du matin ».

Conclusion : je ne sais pas si c’est le monde ou l’avenir qui nous appartient, mais la performance et la concentration, c’est pour les autres !

Voici enfin deux magnifiques citations, pour se consoler. La première est signée Jean Yanne : « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, c’est une connerie. Prenez les éboueurs… » La deuxième, c'est du Coluche : « L’avenir appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt. »

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