OYE OYE… Le Président parle dans le poste. Et on ne peut s’empêcher de le regarder, d’essayer de détecter ce qui séduit et en même temps ce qui cloche dans sa gestuelle, dans ses réponses fleuves, de repérer ses tics de langage et –l’heure aidant- on se demande si cet homme, nous l’inviterions à notre table… une table à laquelle il dîne déjà, de facto. A dire vrai, on est un peu sidéré qu’il se soit d’emblée, invité chez nous sans véritablement qu’on l’y autorise. Mais en même temps, comment refuser, il va nous parler de nous… enfin de nous pas vraiment, parce qu’on ne sait jamais si ce qui est dit, là, ces grandes phrases, ces chiffres impressionnants, 30 milliards d’économies, on n’est pas sûrs de les avoir dans notre portefeuille. Ce qu’il déclare demeure relativement abstrait, mais quelque chose nous dit que cela nous concerne. Que cela sera décliné pour nous. Que cela aura une incidence bientôt, dès la prochaine feuille d’impôt sur notre vie concrète. A ce moment là, on se souviendra de cette soirée en se disant qu’il nous avait prévenus… Bref, contrairement aux apparences, à cet emploi excessif de la première personne… « je fixe le cap, j’imprime le rythme. Je suis en situation de combat. J’accélère »… C’est bien à nous que François Hollande s’adressait. Rien à faire, Les 20h présidentiels laissent toujours un goût de punition…

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