La carte des chemins de fer en France, vous l’avez sans doute déjà remarqué, ressemble à une étoile, avec Paris au centre. A une boite de "vache qui rit", plutôt, répond l’historien Clive Lamming ! L’explication de cette centralisation ferroviaire remonte à un 11 juin, en 1842.

Au programme également ce matin, une visite des termitières et des nids de guêpes. C’est la spécialité d'Eric Darouzet, l'invité du 5-6 toute la semaine. Ce biologiste scrute l'habitat des insectes grâce aux rayons X.

Je ne vais pas faire la rubrique « courrier des auditeurs » tous les jours, rassurez-vous, mais je voudrais encore vous parler de matin des messages reçus dans la boite mail du 5-6. Des courriels d’auditeurs très agacés par ce qu’ils ont entendus la semaine dernière : j’étais en ligne avec un journaliste de l’AFP à Bruxelles. Nous évoquions une exposition d’art contemporain, dans le cadre d’un festival en espéranto, et mon confrère de l’AFP a dit : « l’espéranto, une langue un peu utopiste qui a quasiment disparu aujourd’hui. » Voilà qui a fait réagir les auditeurs espérantistes.

« Esperanto ja vivas. Jen pruvo », écrit l’un d’entre eux. Traduction : « L’espéranto est bien vivant. La preuve. » On m’écrit aussi : « Contrôlez vos sources s’il vous plait, et évitez les préjugés. » (« Bonvolu kontroli viajn fontojn kaj eviti antaŭjuĝojn »).

Dont acte. Oui, c’est vrai, l’espéranto n’a pas disparu. Les espérantistes affirment être deux millions dans le monde. Deux millions à parler cette langue qui a été créée de toutes pièces au 19ème siècle, inventée par un médecin polonais pour dépasser les barrières linguistiques. Deux millions, cela fait peu au regard des six milliards d’humains sur la planète. Mais un auditeur, toujours par courriel, me fait remarquer à juste titre que les espérantistes sont plus nombreux que ceux qui parlent islandais ! L’Islande compte en effet moins de 400.000 habitants et personne ne dit que sa langue est en train de disparaître.

Ce qui est séduisant, dans l’espéranto, c’est son fonctionnement. C’est une langue facile à apprendre car elle fournit une boite à outils qui s’applique en toutes circonstances. En français, par exemple, le contraire du mot « habile » est le mot « malhabile ». Celui de « poli », « malpoli ». En espéranto, ce serait la même chose… sauf qu’il n’y a jamais d’exception. Le rêve pour quiconque a déjà appris une langue et pesté contre les règles de grammaire ! L’espéranto est une langue malléable, qui permet de créer des mots, en respectant certaines règles.

Ceci dit, je crois pouvoir affirmer que l’espéranto n’a pas encore supplanté l’anglais. Pourtant c’est bien l’idée de cette langue : permettre à tous les hommes sur la planète de se parler et se comprendre. Le mythe de Babel n'est jamais bien loin... L’espéranto, surtout, n’est attaché à aucun pays et donc ne représente aucune suprématie d’un pays sur l’autre.

D’ailleurs, Maria le résume dans son courriel : « L’espéranto n’a pas du tout disparu et nous ne désespérons pas, un jour il remplacera l’anglais. » On pourra toujours lui répondre qu’on ne voit pas en quoi il est si grave de ne pas remplacer l’anglais. Voilà en tout cas qui fait écho à l’actualité et à la polémique sur les cours en anglais dans les universités françaises pour attirer des étudiants étrangers. D’ailleurs c’est Cavanna qui le dit très bien : « Vous ne voulez pas de l’espéranto ? Vous aurez l’anglais. Tant pis pour vos gueules. »

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.