Mo Ibrahim fait trembler les potentats africains... cet ingénieur d’origine soudanaise, élevé en Égypte de nationalité britannique, a fait fortune dans la téléphonie mobile. Son argent aujourd’hui, il le met au service de la gouvernance en Afrique. Sa fondation a pour objectif de débarrasser peu à peu le continent noir de ses dictateurs, ce qui revient à décapiter une partie de l’élite de la plupart des pays. Et comment s’y prend-t-il, Mo Ibrahim ? Eh bien il propose aux rares chefs d’Etat exemplaires du continent, à ceux qui ont bien gouverné, qui ont su quitter le pouvoir en laissant derrière eux une alternance politique, eh bien il leur offre une retraite. Chaque année, il attribue au chef d’Etat le plus méritant d’Afrique une enveloppe de 5 millions de dollars… et une pension à vie de 200 000 dollars par an. Riche idée ! Parce que là réside une partie du problème : quand vous quittez le pouvoir en Afrique, rien ne vous garantit que vous parviendrez à garder un statut et un niveau de vie décent. Cela explique en partie la crispation générale, le fait que tant de présidents s’accrochent au pouvoir, font modifier la constitution pour en garder les rênes et placer leurs hommes. En inventant la retraite présidentielle, Mo Ibrahim dégage une voie vers la démocratie… et ça marche ! Car à en croire l’impact de son classement dans les esprits, la vexation de ceux qui sont mal notés et le prestige redoublé des bons élèves, la portée symbolique du prix vaut autant que sa dotation! Elle vaut de l’or ! L’article sur Mo Ibrahim est à lire ce mois-ci dans le magazine Géo.

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