Il a cédé à la fatigue. Ce Pape timide, intellectuel, qui a grandi dans l’ombre de Jean-Paul II et vient d'annoncer sa démission en Latin...

Il prouve par ce geste son courage, une certaine liberté par rapport aux institutions (et au mandat de son prédecesseur) et une forme de modernité.

Pas sûr que le mot démission soit adapté, à part si on le prend dans son acception stricte : il quitte sa mission. Et comment un Pape, nommé par les hommes mais sous inspiration du St Esprit, peut-il décider, avec des arguments très humains –ceux du corps, de la fatigue- de quitter ses fonctions ? Eh bien lui, Benoit XVI l’a fait ! Dans son annonce en latin traduite par le Vatican, Benoît XVI a dit être "parvenu à la certitude que (ses) forces, en raison de l'avancement de son âge, ne lui permettent plus d'exercer de façon adéquate le ministère" de Pape et évêque de Rome. Benoît XVI a fait son annonce sans emphase, en lisant un discours, à la surprise générale, devant les Cardinaux qui devront élire le nouveau souverain pontife.

Dans un livre interview intitulé "Lumières du monde" sorti en 2010, le Pape avait évoqué la possibilité d'une démission au cas où il ne se sentirait plus en état de continuer. Benoît XVI avait affirmé qu'un Pape "a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer" s'il sent ses forces "physiques, psychologiques et spirituelles" lui échapper.

Il aurait toujours été attiré par la vie monacale des grands mystiques, et, selon son frère Georg, rêvait de se retirer pour écrire des sommes théologiques quand il a été élu Pape. Il avait rendu un hommage appuyé à ce Celestin V, Pape il y a 800 ans, qui avait lui aussi démissionné.

L’aurait-on mal compris ? Peut-être, sûrement. Mais là n’est pas la question.

Un Pape doit représenter une alternative à la culture dominante de nos sociétés sécularisées.

Il est normal que sa mission reste incomprise et même obscure.

Benoit 16 a beaucoup parlé des dangers du relativisme. Un monde où le bien et le mal ne s’opposent plus clairement et dépendent plutôt des circonstances. Ce flou, selon lui précipite les sociétés vers leur perte (celle de leur boussole, à tout le moins).

Il a lutté contre les mensonges et la dissimulation dans l’Eglise, à commencer par la pédophilie sur lauqelle il a fait preuve d'une tolérance zéro.

Et puis il s’est rapproché du judaïsme. Les relations entre les 2 religions n’ont jamais été aussi bonnes, selon les autorités israélites.

Le monde compterait 1 milliard et 200 000 baptisés catholiques… et voilà ce qu’il disait en 2010 dans un livre d’entretien… "parmi ces 1,2 milliards, beaucoup n'en font pas intimement partie. St Augustin l'a déjà dit en son temps: il en est beaucoup dehors qui semblent être dedans, et il y en a beaucoup dedans qui semblent être dehors". Alors le Pape, combien de divisions, au juste?

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