Une pleine page dans le Monde . Les choses sont devenues sérieuses, le Harlem Shake mérite une page entière dans le quotidien du soir. J’ose à peine vous expliquer ce qu’est le Harlem Shake. Mais comme j’ai moi-même appris assez tard l’existence de ce phénomène de mode qui rencontre un succès planétaire, je vous épargnerai le sempiternel couplet sur l’air de « à moins de vivre au fond d’une grotte, vous connaissez évidemment le Harlem Shake ». Je n’aime pas beaucoup les grottes et j’ai découvert le Harlem Shake plusieurs semaines après son arrivée sur la Toile. A en croire les réseaux sociaux, c’est une honte. D’ailleurs Twitter et Facebook font preuve du snobisme de rigueur à l’égard de cet article du Monde et de tous ceux qui ont attendu le mois de mars pour parler de ce phénomène alors qu’il est apparu, accrochez vous, il y a plus d’un mois. Autrement dit il y a un siècle.

Plus de 50.000 vidéos mises en ligne un peu partout dans le monde. Et toujours la même scénographie : une personne qui porte un casque ou un masque se met à danser. Elle est rejointe ensuite par d’autres camarades, également déguisés ou masqués, et tous s'agitent frénétiquement sur un morceau signé DJ Bauuer.

La vidéo dure en général une trentaine de secondes, pas plus. Tout le monde se met à réaliser son Harlem Shake et cette mode a même pris une tournure politique : dans certains pays, on tourne une vidéo et on la met en ligne pour afficher son opposition au pouvoir. C’est le cas en Chine, ou encore en Tunisie et en Egypte. Danser en collant rose moulant avec un casque de moto sur la tête serait devenu un acte de transgression politique.

Ce qui frappe, pourtant, c’est que la loufoquerie du Harlem Shake est finalement assez policée, voire même très cadrée. Vous pouvez passer des heures sur Internet à regarder des vidéos de Harlem Shake, et finalement c’est toujours la même chose. Mais le Harlem Shake n’est pas qu’un "buzz", c’est aussi une affaire de droits d’auteur. Le New York Times révèle en effet que l’auteur et producteur du Harlem Shake, DJ Baauer, a utilisé la voix de deux artistes sans leur autorisation. Deux petites phrases ont été samplées sans que leur auteurs ne soient avertis : « Con los terroristas » et surtout la phrase clé « do the Harlem shake ». Les deux artistes réclament aujourd’hui une indemnisation. Voilà comment un gag potache veut devenir un symbole contestataire un peu partout dans le monde mais est aussi une affaire de propriété intellectuelle.

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