« Personne ne nous volera notre révolution ! Chasser Bachar el Assad du pouvoir ne suffira pas ! L’avènement de la démocratie et de l’état de droit en Syrie seront seuls capables de justifier le sang versé ». L’homme qui a prononcé ces mots hier soir au Quai d’Orsay, à côté de Laurent Fabius, c’est un jésuite italien, installé en Syrie depuis 30 ans. Paolo Dall’Oglio, c’est son nom, a été expulsé il y a 4 mois de ce pays. Sa liberté de parole dérangeait trop le cours d'une guerre qui se déroule à huis-clos depuis 19 mois. Ce géant à la barbe grisonnante sillonne le monde avec sa voix puissante pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être de la nation syrienne, et préparer l’après-guerre. On parle aujourd’hui de 27 000 morts en Syrie. Pour Paolo Dall’Oglio, au-delà du processus politique qu’il faut accompagner, la communauté internationale doit préparer des lieux soupapes, où les bourreaux, comme les victimes de la guerre actuelle, ceux qui torturent et ceux qui sont « chargés du sang de leur frère » comme il dit, eh bien, trouvent des lieux pour se reconstruire et sortir du cycle de vengeance infernal qui risque de s’ouvrir. Les syriens sont fiers, orgueilleux, avec un sens de l’honneur que nous ne comprenons plus, nous occidentaux, depuis des décennies. Il ne faudrait pas que les différentes communautés (sunnites, chiites, druzes, alaouites, kurdes et chrétiens) s’entretuent. Dans 2 jours, vendredi, le Pape Benoit16, arrivera au Liban, pays voisin de la Syrie, qui lui aussi a connu la guerre. 20 ans après, ses plaies ne sont toujours pas pansées. Une visite sous haute tension, très attendue, car la figure du pape est aussi très respectée des Musulmans. Dans l’équipe de Laurent Fabius, hier soir, on nous confiait que c’était la première fois depuis des mois, qu’on sortait d’une réunion sur la Syrie avec de l’espoir, de l’espérance, même.

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