Nous avons survécu au 121212 d’hier, mais il n’est pas certain que nous survivions au règne de François Hollande. Enfin survivre au sens propre ! Dans quelques jours, le président de la République va décider de notre mort. Il va statuer sur la fin de vie… la fin de notre vie. Quelle responsabilité ! Durant sa campagne, en se gardant bien de prononcer le mot euthanasie, trop prompt à réveiller les passions, il avait promis une loi instaurant la possibilité de "bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa fin de vie dans la dignité", ce sont ses mots. Mardi prochain, il recevra le rapport du Professeur Didier Sicard qui sillonne depuis l’été l’Europe à la recherche de témoignages pour en comprendre les effets pervers et les avantages. Ce professeur, une journaliste du Point l’a suivi, elle livre un témoignage étonnant. Avec son équipe restreinte à 8 personnes, sans un sou vaillant, il s’est rendu dans les 3 seuls pays au monde où l’euthanasie est dépénalisée : la Belgique, les Pays bas et le Luxembourg. 3 voisins, le Benelux, comme on l’appelle à l’école. Et là, les découvertes font froid dans le dos : des médecins qui avouent combien ce geste est difficile à accomplir, tant il va à l’encontre de leur mission, ou encore cet homme belge, athée viscéral, inconsolable d’avoir trouvé un jour sa mère euthanasiée dans son lit de maison de retraite, à cause du zèle d’un médecin parti comme un voleur, en laissant une petite lettre derrière lui. Certes elle portait un pacemaker mais ne répondait pas aux 2 conditions posées par la loi : incurabilité et souffrances insupportables. Et le plus étonnant, selon l’article du Point, c’est que dans ces 3 pays autorisant l’euthanasie, la commission de contrôle qui doit vérifier la légalité de ces morts ne peut le faire qu’a posteriori, une fois qu’il est trop tard, donc. Un scénario qui fait dire à certains : « N’ouvrez pas cette brèche en France, trop de droit est parfois plus dangereux que l’absence de droit ».

7 ans après la loi Leonetti, qui donne le droit au patient de refuser tout traitement qui lui semblerait déraisonnable au regard des bénéfices qu'il peut en tirer, le rapport Sicard sur la fin de vie sera rendu public mardi prochain, le 18 décembre, juste avant Noël. Le paradoxe, c’est que les croyants, les religieux, sont plutôt contre cette loi, alors qu’ils croient en l’au-delà, en la vie d’après. Tandis que les athées y seraient plutôt favorables, eux qui misent à fond sur la longévité de leur vie terrestre, du temps présent. Voilà un débat à suivre, il nous concerne tous.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.