Une patinoire éphémère a ouvert, à deux pas des Champs Elysées à Paris, sous les verrières du Grand Palais. Je m’y suis rendue hier, pour regarder le spectacle. 1h30 au bord de la piste, avec des bonnes moufles et un bonnet, je n’ai pas boudé mon plaisir. Sur ces1800 m2de glace(ce qui représente à peu près 9 courts de tennis mis bout à bout)dans laquelle le ciel se reflète, on trouve un échantillon de toutes nos psychologies. D’abord le patin à glace n’a pas d’âge, il est cette activité ludique, associée à un accoutrement toujours un peu désuet, avec ces grosses chaussures montantes au look suranné, sous tendus par une lame d’acier. Directement surgi de l’avant-guerre.

Mais l’attitude des patineurs est très intéressante à observer, toute la diversité humaine semblent se reconstituer là, de 7 à 77 ans. Car j’étais surprise, du petit virtuose de 10 ans à ces couples de cheveux blancs, placides, sourire au lèvre, tous les âges se retrouvent à la patinoire.

Alors qu’elles sont les attitudes marquantes ? D’abord, il y a les crâneurs, qui maîtrisent parfaitement la danse, ils virevoltent, se dandinent, font des queues de poisson, gardent un sourire un peu blasé sur le visage, ils tournoient sur la piste. On se demande pourquoi ils viennent encore, tant ils maîtrisent l’art de la glisse et tant le circuit semble répétitif. Ces frimeurs du grand froid viennent Probablement simplement pour qu’on les regarde passer du bon temps. Et c’est vrai que le spectacle est fascinant. Alors on les regarde, on les admire ; C’est surtout facile, lorsqu’on est comme moi, posté au bord, les pieds bien ancrés dans le sol. Certains patineurs moins assurés ont la mauvaise idée de se laisser distraire, la plupart du temps, finissent par terre. C’est très amusant. A l’opposé, en cadence ralentie, souvent aidés par quelqu’un, les débutants. Toujours la même attitude : derrière en arrière, mains tendues devant pour parer à la prochaine chute, proximité de la rampe, traces blanches sur les avant bras et les genoux, en mémoire du dernier accident, regard terriblement ahuri, pied se soulevant à peine et amélioration perceptible à chaque tour de piste. Les chutes sont très révélatrices de la personnalité. Certains se relèvent tout de suite, ni vu ni connu, d’autres attendent qu’on vienne les secourir, quémandent un geste de compassion d’autres enfin restent sur la glace, sidérés, les larmes aux yeux et décident pour toujours, en s’accrochant à la rampe jusqu’au vestiaire, qu’on ne les y reprendra pas.

Lequel seriez-vous dans cette situation ? Voilà une question pour l’hiver qui vient et pour ces rues de nos villes qui ne manqueront pas de se transformer, un jour ou l’autre, en patinoire !

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