La mémoire est au coeur du 5-6 de ce mardi. La mémoire quand elle fait défaut : on évoquera le fonctionnement, dans le cerveau, de la maladie d’Alzheimer, avec l’invité de la semaine, le professeur Bruno Dubois. La mémoire familiale, aussi. Un historien peut-il se pencher sur le destin de sa propre famille ? Oui, répond Yvan Jablonka, qui a travaillé sur l’histoire de ses grands parents. La mémoire des espèces enfin : le guépard est menacé en Afrique. C’est l’animal terrestre le plus rapide du monde, sa survie aujourd’hui ne tient qu’à un fil.

On a tous nos petites obsessions, les sujets sur lesquels on aime revenir, les marottes qui nous tiennent à cœur. Pour moi par exemple, il y avait "en charge de". Cette formulation m’écorche les oreilles depuis longtemps, il me semblait que c’était un affreux anglicisme, que le bon français exigeait qu’on dise "chargé de" et pas "en charge de". Oui, certes, il y a des combats plus importants, mais cela me tenait à cœur.

Et puis, j’avais fini par lâcher prise, par déclarer forfait. Les ministres sont "en charge de la réforme des retraites", "en charge du redressement productif", en charge de tout ce que vous voulez. Dans la bouche des commentateurs politiques et autres, sous la plume des journalistes, et même celle des ministères eux-même. Je reconce donc. Mais je suis tombée récemment sur un site Internet baptisé « dire, ne pas dire ». Un site de l’Académie Française, qui marche très fort, à la grande surprise des Immortels eux même.

Par exemple, l’Académie s’attaque au mot "tendance". Attention, c'est féroce. « Dans Madame Bovary, Lheureux, le marchand de nouveautés, convainc régulièrement Emma d’acheter tel ou tel objet ou vêtement grâce à une phrase à laquelle elle semble ne pouvoir résister : C’est le genre ou sa variante C’est là le genre. Un siècle et demi plus tard, ni le bovarysme ni l’injonction à suivre les modes n’ont disparu, mais c’est le genre a été remplacé par c’est tendance . Il s’agit là d’un déplaisant tic de langage », nous dit l’Académie Française.

Et c’est donc sur ce site que j’ai trouvé la confirmation de ma petite obsession ! « Être en charge de est un anglicisme très répandu qui remplace trop souvent les expressions justes Avoir la charge de, Être chargé de. » Me voilà rassurée, je peux poursuivre mon combat contre cette expression omniprésente.

« Dire, ne pas dire » propose aussi une rubrique très savoureuse, baptisée "l'Académie répond". Les auteurs du très sérieux dictionnaire se sont lancés dans le web 2.0 ! Ils répondent aux internautes qui se posent des questions sur la langue. La dernière en date, c’est Nathalie, qui pose cette question : Partir à Jérusalem ou partir pour Jérusalem ? L'Académie répond : « Partir à a longtemps été condamné par les puristes. Littré écrivait Il ne faut pas dire partir à la campagne , mais partir pour la campagne . L’académicien et professeur de lettres Émile Faguet qualifiait partir à d’affreux provincialisme de Paris. On considère partir pour comme plus élégant et plus soutenu, mais partir à, plus familier, est également correct. »

Eh bien, je ne le savais pas. Je vous invite à faire un tour sur ce site « dire ne pas dire » si vous aimez les mots. Un site qui n’est pas "en charge" du bon usage de la langue mais qui est "chargé de" nous rappeler les règles du bon français.

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