Est ce qu’on en fait trop ? Parle-t-on trop de cette actualité papale ? La frénésie médiatique autour de l’élection du nouveau pape est-elle justifiée, ou déplacée ?

Marc Blondel, l’ancien patron de Force Ouvrière, poussait un coup de gueule hier sur France Inter, dans le journal de 13h. Il est aujourd’hui président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, qui affiche « à bas la calotte ! » en guise de slogan sur son site Internet. Autant vous dire qu’il est un fervent défenseur de la laïcité. Pour lui, si on parle autant de la succession de Benoit XVI, c’est surtout parce que le service de communication du Vatican est très efficace. La com du Vatican, encore plus forte que celle de la marque Apple, dont le moindre nouveau produit devient un événement d’actualité qui fait les gros titres de la presse.

On répondra à Marc Blondel que la religion catholique concerne pas mal de monde : plus d’un milliard de personnes, quand même. On lui répondra aussi que nos racines judéo-chrétiennes sont très fortes.

Mais hier soir, en suivant les émissions spéciales à la télévision, on voyait bien qu’il n’y avait pas que cela. Il fallait voir l’excitation des journalistes autour de 19 h : le nouveau pape a été élu, la fumée blanche s’est élevée au dessus du Vatican. Il y a un nouveau pape, oui, mais comment s’appelle-t-il ? On ne le sait pas encore, rien n’a filtré. Sur I-télé, la présentatrice n’y va pas par quatre chemins, qui demande au journaliste sur place, au milieu de la foule : « Les gens sont-ils aussi impatients que nous de connaitre le nom du nouveau pape ? ». Aussi impatients que ... nous ? Sérieusement ?

Plus que le nombre de catholiques concernés, c’est évidemment la mise en scène qui séduit les médias. On n’en a pas beaucoup, des spectacles pareils à suivre en direct à la télévision. Une porte solennellement fermée à clé. Une petite cheminée, de la fumée, dont on scrute la couleur. C’est gris ? Non, c’est blanc ! La foule qui converge place Saint Pierre. Les caméras braquées sur un balcon. Les rideaux vont-ils s’ouvrir ? Oui, ils s’ouvrent. Cette phrase, tellement attendue, « Habemus papam ! ». Et puis enfin le nom du pape. Jorge Mario Bergoglio. François.

Petit incident de parcours à ce moment là, on a bien senti que personne n’avait préparé de fiche sur cet argentin, archevêque de Buenos Aires, il ne faisait pas partie des favoris, mais ce sont les joies du direct, comme on dit !

Non vraiment, difficile de faire plus télégénique que l’élection d’un Pape. Ils ont le sens du spectacle, au Vatican. Et puis quand même, révéler le nom du nouveau Souverain Pontife pile pendant le journal de 20 heures, en direct, avouez que c’est bien joué.

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