Comment écrit-on son 2e livre, comment retombe-t-on amoureux après son premier grand chagrin d’amour, comment, après avoir concentré tous ses efforts sur sa première prestation au théâtre, parvient-on à poursuivre la saison avec la même énergie?

La question du 2e n’est pas anodine. Elle-même cruciale dans beaucoup de situations de notre vie. Elle revient un peu à se demander comment s’inscrire dans la durée ? Ne pas concentrer ses efforts sur un seul exploit mais les étaler sur toute une vie. Ne pas être l’homme d’un moment. Un peu comme les champions d’un jour, qui se voient toujours renvoyés à leur exploit inégalé, et qui ne parviennent jamais à faire mieux. Une fois passé le concentré, la matière brute et pure de l’effort, tout ce qui suit risque d’être teinté de fadeur ou de déception. Tous les peintres, les écrivains, les comédiens vous le diront. Une fois la folle première oeuvre achevée, le public séduit, le plus difficile commence : comme trouver sa vitesse de croisière ? Que nous reste-t-il à dire, à exprimer, à améliorer ?

Beaucoup d’écrivains n’auront écrit qu’un bon livre, et puis seront tombés dans l’oubli car ils n’auront pas escaladé cette immense montagne que représente le 2e livre. Si elle leur semble insurmontable, cette montagne, c’est souvent parce qu’elle est comme augmentée par l’attente du public: on croit avoir des lecteurs, des attentes en face de soi, on ne se jette plus sur un terrain vierge comme pour le premier. On n’est comme tétanisé par les critiques, les encouragements, tout devient volume, hauteur, vertige.

Voilà, réussir son 2e rendez-vous, c’est souvent d’autant plus difficile qu’il faut s’en détacher, se libérer des attentes qu’on croit deviner chez les autres. Je me pose particulièrement cette question aujourd’hui en découvrant que Barack Obama qui a un peu raté son dernier débat il y a 2 semaines, est enfermé dans un hotel depuis samedi avec toute son équipe rapprochée pour préparer son 2e débat. Qui aura lieu ce soir.

On devine son trac, son stress, à la mesure de l’enjeu. D’ailleurs, petite remarque en passant, il est toujours plus facile de se lancer dans une 2e fois quand on a vraiment bien raté la première.

Nous appelons à Londres Elisabeth Fontanille, une française expatriée, qui participe à des apero blogs et qui tient un blog.

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