Je suis allée au cinéma samedi… mauvaise idée d’aller sur les champs Elysées bondés -marché de Noël oblige- mais excellente idée que celle de voir le dernier film de Ben Affleck, intitulé "Argo". On s’est engouffré dans la salle obscure comme pour échapper aux assauts d’un père Noël suspendu dans son char de feu, au dessus de la plus belle avenue du monde. Bref, on a donc repris nos esprits devant cette fiction, tirée d’une histoire vraie, classée secret défense jusqu’en 1997.

ARGO: On est en novembre 79, en Iran, les partisans de l’Ayatollah Khomeyni prennent d’assaut l’ambassade américaine. Tous les employés travaillant à la chancellerie deviennent leurs otages. Tous ou presque. 6 d’entre eux réussissent à s’enfuir ni vus ni connus. Ils trouvent refuge à la résidence de l’ambassadeur du Canada. Le temps est compté, bientôt les gardiens de la révolution découvriront qu’il leur manque 6 employés et se jetteront à leurs trousses. Un homme est chargé de les exfiltrer : Ben Affleck, bon agent de la CIA, spécialiste de ce type d’opération. C’est lui qui pense un scénario à peine plausible : il va déguiser ces 6 américains en film makers, réalisateur, scénariste canadiens, préparant une superproduction pour Hollywood et cherchant un lieu de tournage au Moyen Orient, pourquoi pas l’Iran… Personne ne croit au succès de l’opération, sauf lui. Mais parait-il, en terme d’exfiltration, plus c’est gros, plus l’ennemi est dupe.

A l’issue de ce film qui vous tient en haleine jusqu’au bout, presque trop d’ailleurs, on se sent rassuré. Rassuré de comprendre que des agents des services secrets sont prets à risquer leur vie pour sauver la votre. Et les conflits récents en Irak, en Afghanistan, le dénouement le plus souvent heureux des prises d’otage le prouvent. Qui sont ces travailleurs de l’ombre ? Quelle est leur conscience professionnelle ? Comment sont-ils remerciés ? Dans les grands pays, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, posséder un passeport peut devenir une bénédiction. Ces hommes courageux, on les appelle des « exfiltreurs », mot barbare, presque jamais employé puisqu’ils disparaissent une fois leur mission accomplie : ils travaillent dans l’ombre, pour l’ombre et cela a quelque chose de très à contre-temps de notre époque... Pensons donc à tous ceux qui s’affairent en ce moment pour travailler à la libération des 7 otages retenus au Nord Mali pour la plupart depuis plus d’un an.

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