L'itinéraire du 5-6 nous conduit aujourd'hui au Japon (où l'institut de recherche sur les baleines n'aime pas les curieux), en Espagne (où le compte Twitter de la police rencontre un succès inattendu) et à Cabrières-lès-Avignon (lieu d'un massacre ordonné par François 1er le 18 avril 1545).

Des recettes et des hommes. Voilà un beau programme, pour une très belle revue. Nouvelle venue dans l’univers des mook (contraction de magazine et book, un mook c’est une revue qui est grosse comme un livre en fait, sur le modèle de XXI).

Celle-ci s’appelle 180°C. Pour évoquer le large choix des sujets, et en hommage à la température du four, bien sûr ! En feuilletant les pages, on a déjà l’eau à la bouche. Il faut dire que les photos sont sublimes, celle du pavé de bœuf notamment, accompagné de pommes gaufrettes, crème de cresson et de sauce bordelaise. Vous découvrirez aussi la recette des asperges rôties au parmesan et sésame, jus et pesto : encanaillez vos asperges en les faisant rôtir comme un poulet !

180°C évite le snobisme de rigueur quand on parle bonne cuisine. Pour preuve, cette introduction à un dossier consacré aux recettes du chef Eric Tronchon, meilleur ouvrier de France 2011. « Déguster le menu inédit d’un grand chef sans attendre 27 mois pour booker une réservation et sans hypothéquer l’un de ses organes pour régler la note ? C’est possible, grâce à 180 degrés et Eric Tronchon. Et surtout grâce à vous qui allez vous mettre aux fourneaux ! On est déjà fier de vous… »

Je sens que je serai fière de moi en effet quand j’aurai réussi aussi les pasteis de nata, ces petites merveilles qu’on déguste au Portugal, surtout dans la région de Lisbonne où elles ont été inventées. La légende locale raconte que le monastère des Hiéronymites utilisaient d’énormes quantités de blanc d’œuf pour amidonner le linge. Et pour ne pas gaspiller les jaunes, les religieuses ont inventé ce petit gâteau, un flan dans une pâte feuilletée, servi tiède et saupoudré de cannelle... C’est tout simplement sublime. Le secret apparemment, pour réussir la crème, c’est le bain marie. La suite est à découvrir dans le magazine.

La revue propose également des rencontres, notamment avec les habitants de l’île de Quéménès. Les quatre habitants, en fait. Soizic, David et leurs deux enfants sont les seuls à vivre sur cette petite île au cœur de la mer d’Iroise, non loin de Molène et d’Ouessant. En 2007, ce jeune couple a remis les terres de Quéménès en culture. Six ans plus tard, dix tonnes de pommes de terre bio rejoignent chaque année le continent. Des pommes de terre de variété Mona Lisa, dont les photos sont superbes aussi. La Mona Lisa a des vertus exceptionnelles en cuisine, apprend-on, elle n’éclate pas lorsqu’elle est sautée à la poêle ou intégrée à un plat en sauce. A Quéménès, les patates sont triées en musique, nettoyées à la main, et sont ensuite expédiées par colissimo avec ou sans saucisse de Molène aux « patatophiles », c’est le surnom donné aux clients.

Vous avez encore faim ? Tentez les croustilles d’agneau et tomates rôties. Le pavé de cabillaud, asperges, chapelure cuisinée aux noisettes. Le canard en cocote aux abricots. Ou la bonne vieille daurade au four.

La revue 180°C, avec ses recettes et sa Mona Lisa des îles, est en vente en librairie. C’est un peu cher (19,90 euros) mais c’est très épais (200 pages). C’est une revue mais ça se lit comme un livre, et pas seulement comme un livre de recettes.

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