Elle avait écrit : « Notre véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même » Aujourd'hui, nous commémorons la disparition de Marguerite Yourcenar il y a 25 ans et évoquons la 1ère biographie de Jean Anouilh qui paraît ces jours-ci aux éditions de Fallois.

Hier, je suis allée vers 18h à la Mairie du Ier arrondissement pour écouter l’auteur d’une très belle biographie de Jean Anouilh, la seule qui existe, d’ailleurs. Beaucoup d’amis directs du dramaturge ont témoigné, sa fille Colombe était présente, chacun a évoqué les anecdotes d’une vie qui en fut remplie, le courage de l’homme dans la guerre, sa façon de vivre en démocratie comme si la liberté y était quand même menacée. Il était nous a dit l’auteur Anca Visdei, comme ce petit garçon du conte d’Andersen qui continue seul, à clamer que le roi est nu. Au cours de cette soirée, j’ai même appris qu’Anouilh avait une passion pour les enfants et le croquet. Et puis une phrase a fusé, faisant basculer toute la conférence dans un climat étrange. A un moment, la biographe qui a personnellement connu et fréquenté Jean Anouilh a dit : j’ai beaucoup travaillé pour écrire cette biographie, j’ai parlé à de nombreux proches et, bizarrement au terme de mon enquête, voilà un homme à qui je n’ai pas trouvé de défaut.

Est-ce possible, je vous le demande, de vivre sans défaut ? Peut-on être un écrivain avec autant de talent, percevoir tous les travers des êtres, épaissir la psychologie des personnages sans charrier en soi tout une complexité ? Je ne le crois pas.

La biographie de Jean Anouilh, publiée aux éditions de Fallois, est parait-il excellente, mais il faudra la lire comme on fait un jeu de piste, à la recherche des défauts de l’auteur d’Antigone.

C’est toujours bien, d’ailleurs, d’arriver dans un livre avec une question, avec une interrogation. Cela rend notre lecture, en général, moins passive. Et puis Jean Anouilh devrait aimer cela lui qui a écrit un jour que, pour lui,

« la facilité était le déguisement le plus redoutable du diable ».

L'ACTUALITE AU BOUT DU MONDE - AVEC L'Agence France Presse (afp.com)

Dans le sud thaïlandais, le traumatisme des enfants de la guerre (MAGAZINE) Par Aidan JONES

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.