Hier j’ai vu sortir d’une salle, un groupe formé de toutes les générations, de tous les âges, de tous les styles, et qui venait vraisemblablement de se réunir. Un petit garçon ferraillait avec son cousin, une grand-mère était poussée dans une chaise roulante, des femmes parlaient entre elles, prenaient des nouvelles. Aucun doute, c’était une réunion de famille. Savez-vous qu’une majorité de Français considère la « vie familiale » comme la chose la plus importante dans la vie (après la santé)?

Qu’est-ce qui, à votre avis caractérise vraiment une famille en France au XXIème siècle ? Quel lien peut avoir assez de force pour unir sur le long terme des composantes aussi diverses dans un même groupe ? Est-ce le sang commun ? Le fait de ne pas se choisir vraiment, que la relation ne dépende pas de son bon vouloir ? Ou bien le lien dépend-il de rituels comme ces retrouvailles de fin d’année, justement ?

La famille est notre première société. En effet, c'est dans la famille que nous nous initions à la vie sociale. Il y a donc un rapport entre lien conjugal et familial d'un côté et lien social –vers l’extérieur- de l'autre. Autant vous dire qu'il ne faut pas trop le rater!

On le dit sans cesse, les valeurs de référence qui fondait la famille type en France depuis des siècles évoluent : aujourd’hui, c’est l’autonomie individuelle qui prédomine sur le maintien du groupe. Il y a aussi depuis une cinquantaine d’année l’irruption de la sincérité dans nos relations ; Aujourd’hui, l’authenticité de nos rapports est primordiale et parfois cela peut activer la dislocation des familles.

Et puis aujourd’hui, il nous est plus difficile d’avoir des devoirs les uns par rapport aux autres. On préfère jouir, passer de bons moments, ne pas trop se responsabiliser. Or la famille reste un lieu de solidarité qui peut s’avérer parfois lourd pour les individus. C’est pourquoi l’Etat, les politiques familiales prennent le relai. Enfin en partie car il restera toujours la part d’attention, de suivi, qu’aucun Etat ne peut prendre en charge.

En fait, pour résumer, la famille est le dernier espace de la gratuité. Le don sans retour, qui devrait être à l’image de la relation parentale. Et c’est pour cela qu’il est précieux et qu’il faut l’entretenir...

PARTENARIAT DOSSIER PARENTS & ENFANTS - LA CROIX

Après le deuil, ces nouvelles unions qui nous bousculent

Enquête Certains veuves ou veufs tissent de nouveaux liens amoureux. Cet événement est accueilli par l’entourage avec des sentiments mitigés où les incompréhensions l’emportent parfois sur la joie

EXTRAIT

"Les hommes et les femmes vivent les deuils de manières différentes. Les premiers font des deuils silencieux, n’expriment pas leurs émotions, pleurent surtout quand ils sont seuls et ont besoin d’action. Les femmes restent dans une fidélité au défunt et ont besoin de temps avant d’aller dans d’autres bras. » Cette différence, accentuée par un « marché matrimonial » en faveur des hommes, se traduit dans les chiffres : après une année de veuvage, 13 % des hommes sont de nouveau en couple contre 5 % des femmes. Après cinq années de veuvage, plus d’un veuf sur deux a retrouvé une compagne contre seulement une veuve sur cinq, souligne une récente étude de la Drees (2)".

Repères

6,15% de la population a perdu son conjoint

On dénombrait, en 2008, environ quatre millions de veufs et veuves au sens strict et tous âges confondus, soit 6,15 % de la population française. Chaque année, 235 000 personnes environ perdent leur conjoint, parmi lesquelles 24 000 le deviennent avant l’âge de 55 ans, dont 80 % de femmes. (Source : L’Assurance veuvage et la prise en charge du veuvage précoce, secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites).

Les veufs (hommes et femmes confondus) qui ont des enfants en bas âges – moins de 6 ans – sont ceux qui se remettent le plus souvent en couple. Après trois années de veuvage, 30 % d’entre eux ont vécu en couple contre 6 % des veufs ayant des enfants de plus de 18 ans au moment du décès. (Drees. Études et résultats. n° 806, juillet 2012).

Les hommes ayant un niveau social élevé refont plus facilement leur vie : par exemple, après un veuvage, 42 % des cadres retraités de 65-74 ans ont fondé une nouvelle union contre seulement 25 % des ouvriers. Les chances de fonder un nouveau couple sont d’autant plus faibles que le veuvage a lieu à un âge tardif. Chez les femmes, le niveau social n’a guère d’influence sur les remises en couple. (Source : Ined. Population & Sociétés, n° 389).

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