Si, dans le Coran, les hadiths interdisent de représenter le prophète, c’est par crainte que ces images suscitent l’idolâtrie. L’image fascine, elle limite le champ de l’imagination, elle assène sa vérité, toujours plus étroite que les représentations intérieures. Or l’idolâtrie, c’est justement ce que les 3 religions monothéistes réprouvent. En même temps, il est évident que certains radicaux religieux idolâtrent, érigent en lois absolues et indiscutables, les préceptes qui se trouvent dans leur texte sacré. De son côté, Charlie Hebdo semble n’avoir aucun scrupule à idolâtrer la liberté d’expression, à l’ériger en absolu. L’idolâtrie se reconnaît à l’empressement qu’on met à faire quelque chose, comme si cela nous était vital, avec l’air d’un justicier. Elle s’accompagne, l’idolâtrie, d’une petite collection d’arguments, qui justifient cette action, et lui donnent une apparente rationalité, mesure, maîtrise. La dernière affaire de Charlie Hebdo montre comment, d’un côté et de l’autre, chacun parle le même langage mais en sens inverse. Les musulmans obscurantistes répondent parfaitement, au même niveau, aux défenseurs à tout crin de la liberté d’expression. Remarquez, c’est du pain béni pour Charlie Hebdo d’avoir en face des masses réactives et une classe politique tétanisée. L’hebdomadaire satirique, drapé de bonne conscience se fait, au passage, un coup de pub relayé jusqu’à la Maison Blanche. De l’autre côté, chez certains musulmans, c’est la réaction purement identitaire qui prévaut. Les vrais croyants, eux, n’ont que faire de ces provocations car elles ne sont pas l’essentiel. Elles sont l’écume des choses. Ils savent bien, à l’instar des catholiques occidentaux, que la transgression est d’abord une jouissance, ensuite une martingale pour se remplir les poches... Car la loi du marché flirte gaiement avec le commerce des choses de l’âme... Souvent, la première se sert de la seconde... c’est ainsi. C'est sans fin!

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