Au sommaire du 5-6 ce matin, la semaine sanglante, épisode final de la Commune de Paris. La mémoire olfactive aussi, avec le nez Jean-Claude Ellena. Et nous évoquerons la politique éducative du maire de New-York : fermer les écoles à problèmes pour en ouvrir d'autres, plus petites. Efficace ou stigmatisant?

Ah, ils m’ont fait de la peine, les touristes à Paris hier. On les voyait avec leurs gros manteaux et leurs parapluies, se diriger d’un pas lourd vers la tour Eiffel. « Ils auraient mieux fait de visiter Bruxelles! », pensais-je en tentant de distinguer le sommet de la tour dans l’épaisse purée de pois qui faisait office de ciel parisien.

Pourquoi Bruxelles? Parce que la guerre est déclarée entre les deux capitales, depuis un article publié dans Libération la semaine dernière. Reportage signé Jean Quatremer et titré « Bruxelles, pas belle ». Un article à charge consacré à l’urbanisme chaotique qui a fait de Bruxelles, je cite, une ville « laide et sale ».

« La seule ville à laquelle on puisse comparer la capitale belge, à en croire Jean Quatremer, c’est Athènes : même chaos urbanistique, mêmes cicatrices laissées par une spéculation immobilière délirante, mêmes trottoirs défoncés, même saleté, même folie automobile. Mais la capitale grecque a réussi, elle, à éviter les autoroutes qui déchirent Bruxelles comme si elle avait la taille de New York ou de Los Angeles, alors qu’elle dépasse à peine le million d’habitant ». A l’appui, un reportage photo dans lequel les trottoirs éventrés, les voitures garés n’importe comment et les travaux partout donnaient moyennement envie de courir visiter Bruxelles, quelle que soit la météo à Paris !

Voilà qui a déclenché l’ire bruxelloise, on peut le comprendre. Et notamment celle du journal belge DH, la Dernière Heure. « Que reste-t-il de Paris quand on la regarde comme Libé a vu Bruxelles, demande le journaliste belge, qui propose un reportage à l’ombre de la ville lumière pour démontrer « à quel point il est facile de montrer une ville, aussi belle soit-elle, sous son plus mauvais visage, tout en zappant son patrimoine, ses richesses, ses beautés. »

Tout cela est pris avec humour, en tout cas. « Ce n’est ni de la frustration, ni de l’aigreur, encore moins du quéquettisme mal placé, lit-on dans la DH. Au jeu de la mesure du phallus, on sait, petits Bruxellois tout enclavés et enlaidis que nous sommes, que le pénis Eiffel met 329 mètres dans la vue de celui, néanmoins saillant, de notre bon vieux Manneken Pis [...]. Mais la façon unilatérale avec laquelle Libé a dirigé sa loupe au dessus de ce que Bruxelles compte de pire ne pouvait rester impunie. »

Le résultat est assez amusant, un reportage volontairement à charge, donc, pour prouver que Paris aussi, c’est moche, c’est sale, il ya trop de voitures, trop de travaux... Et l’insécurité, on n’en parle même pas, il n’y a qu’à voir comment se comportent les supporters du Paris Saint Germain ! Le titre de cette déambulation parisienne publiée par la Dernière Heure en Belgique ? "Paris, poubelle ville du monde". Non mais !

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