Y a-t-il une place pour le hasard dans la conception d'un parfum? Peut-on tester, tâtonner, un peu comme en cuisine, quand on crée une fragrance? Je poserai la question à Jean-Claude Ellena, le nez d'Hermès. Au sommaire du 5-6 également, un mélange, justement : une bonne dose d’actualité internationale et un soupçon de littérature jeunesse. Une larme d’histoire aussi, avec l'exil forcé des "enfants de la Creuse" dans les années 60, épisode méconnu des relations entre la Réunion et la métropole.

« Réveiller les kangourous. Nourrir les koalas. Nager avec les lions de mer ». En voilà, une fiche de poste ! Des missions qui peuvent sembler pas tellement désagréables, et bien payées : 80.000 euros pour six mois, c’est le salaire du « meilleur job du monde », un job de garde nature en Australie.

Vous en avez sans doute entendu parler, surtout si vous êtes un lecteur de presse quotidienne régionale. C’est une idée de l’office du tourisme australien : proposer à des jeunes en mal d’aventure, partout dans le monde, de postuler au « meilleur job du monde ». L’idée remonte à 2009, c’est un Britannique qui l’avait emporté et avait passé six mois comme gardien de l’île paradisiaque de Hamilton sur la grande barrière de corail. Il avait gagné face à 35.000 candidats venant de 200 pays différents.

Cette année, l’Australie récidive et propose non pas un, mais six meilleurs jobs du monde : gardien de parc naturel le long des plages sauvages du Queensland, soigneur de kangourou dans le sud, ou encore photographe « lifestyle » à Melbourne. Il y a même un poste de « taste master », job éprouvant qui consiste à faire le tour des restaurants, des caves et des domaines viticoles de l’Australie occidentale. Non, ça ne ressemble pas à des vrais boulots. D’ailleurs, on ne sélectionne pas le meilleur candidat, mais celui qui fait le plus parler de lui. L’objectif de cette opération, c’est en fait d’attirer de nouveaux touristes. L’opération rencontre un succès incontestable : 600.000 personnes se sont inscrites, 45.000 ont envoyé une vidéo de candidature et finalement, il ne reste plus que 18 candidats en lice, trois par poste.

Si j’évoquais la presse régionale à l’instant, c’est que chaque candidat vient de quelque part ! Alors on a vu Julie, la bretonne de Dinan, dans le Télégramme. La candidature d’Elisa, originaire du Haut Jura, a emballé la rédaction du Progrès. Quant à Aude, habitante de Mantes-la-Jolie, elle a eu droit bien sûr à des articles et reportages dans le Parisien. Elise et Aude d’ailleurs sont d’ailleurs en finale, elles vont bientôt s’envoler vers l’Australie pour la phase finale de sélection, il y a fort à parier qu’on en parlera dans la presse.

C’est là que l’office de tourisme australien est très fort. D’une opération marketing complètement assumée (l’objectif est de donner des envies d’Australie au monde entier), on fait un événement d’actualité, qui a sa place dans les journaux. Vous n’imaginez pas le nombre de communiqués de presse que les journalistes reçoivent chaque jour pour évoquer la sortie de tel nouveau produit par telle ou telle marque. Et pourtant, on n'en parle pas dans les journaux.

Finalement, c’est à cela qu’on reconnaît un coup de com’ réussi : quand il devient un événement d'actualité. Tenez, ça me rappelle quelque chose : une marque à la pomme (Apple, c’est ça ?) dont chaque conférence de presse, chaque nouveau téléphone fait la une des journaux. Ceci dit, ce sont les soupçons d’évasion fiscale d’Apple qui retiennent l’attention ces jours-ci. Le groupe est soupçonné d’avoir mis en place une gigantesque stratégie d’évasion fiscale. Quelque chose me dit qu’il se serait bien passé de cette publicité là...

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