Je ne sais pas vous, mais moi ça m’arrive souvent, en lisant quelque chose, en écoutant quelqu’un, de penser : mais oui je suis complètement d’accord, il m’ôte les mots de la bouche, ah j’aurais aimé le dire comme ça avant lui ! C’est ce que j’ai ressenti cette semaine en feuilletant Télérama et en tombant, à la page "courrier des lecteurs", sur une lettre d’une certaine Sylvie, qui habite à Fronton. Un plaidoyer contre les audioguides dans les musées. Que dis-je un plaidoyer, c'est une attaque en règle contre ces petites machines parlantes et collées aux oreilles des visiteurs de musées.

Voilà ce qu'en pense Sylvie : « L’audioguide est à l’extase esthétique ce que le morpion est aux tendres ébats ! Un tue l’amour radical. Le visiteur, ayant franchi, avec abnégation, toutes les étapes du parcours du combattant, croit à la victoire quand il entre, enfin dans l’expo… mais c’est compter sans l’Homo Audioguidus : une armée compacte de zombies sous perfusion qui squatte sans vergogne chaque mètre carré, fixant l’œuvre, la prunelle ahurie, le coude bien dégagé en brise glace. L’Audioguidus restera planté là tant que la Voix n’aura pas fini de débiter à son oreille tout ce qu’il y a à savoir, connaitre, supputer, comprendre. Le visiteur non guidé n’existe pas, l’Audioguidus l’abolit : il lui marche sur les pieds, il lui barre l’accès aux œuvres, il l’éborgne à coups de coudes, il lui pompe l’air jusqu’à ce qu’il se réfugie à la boutique… où il se consolera en faisant la queue, encore, pour acheter le catalogue, vendu sans audioguide. »

Merci Sylvie de Fronton, d’avoir écrit tout haut ce que je pense tout bas. Je me sens moins seule grâce à vous. En visitant récemment les Hospices de Beaune, j’ai ressenti une aversion aussi immédiate que définitive pour les audioguides.

Ceci dit, avec les audioguides, on s’épargne les guides tout court. Parce que les guides tout courts, c’est terrible aussi. Le guide en chair et en os, plein de bonne volonté, qui explique l’exposition à un groupe d’une quinzaine, vingtaine de personnes. Ce qui est agaçant, c’est que le groupe, quand il a un guide, se sent le maitre des lieux ! Impossible d’approcher une toile ou même la salle entière du musée quand le groupe a décidé de s’y arrêter. Il occupe l’espace et s’étale comme une flaque d’eau. Et quand on insiste, quand on veut quand même regarder telle œuvre en même temps que le groupe… là sacrilège : on écoute les explications du guide alors qu’elle n’a pas payé ! Et on a droit à une marée de regards scandalisés

Bref, entre les audioguides et les guides en chair et en os, il faut reconnaitre que les musées concentrent une forte dose de trucs qui m’énervent. Quelque chose me dit qu’après tout ça, vous avez envie de m’accompagner voir une petite expo !

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