Les chapkas débarquent sur la Côte normande !

Comme tous les ans, le cinéma russe est à l’honneur à Honfleur (Calvados). C’est dans cette ville que se tient le plus grand festival de France consacré au cinéma russe. Pour sa 20é édition, l’événement programme le meilleur de la production russe contemporaine. On y devine très bien deux Russies : celle des nostalgiques de la "grande russie", grandiloquente, épique, passionnelle, soviétique ou tsariste, qu’importe : une Russie entière comme dans un roman de Dostoïevski… et puis la Russie qui est entrée dans la modernité, connaît le monde, voyage, dans la réalité ou sur internet. 2 Russies dont on se demande si elles parviendront à se rencontrer un jour. Le cinéma est la scène symbolique de cette confrontation entre les deux.

Quatre jours de projections dans lesquelles on trouve plusieurs catégories : premiers films, jeune public, coproductions franco-russes, documentaires. De quoi s’offrir un bon aperçu de l’esthétique actuelle au pays de Tolstoï et de Poutine. Car même après la perestroika , la distribution des films russes reste encore très limitée en Occident.

Ce qui frappe surtout, dans le cinéma russe d’aujourd’hui, c’est la veine réaliste, des scénari qui restituent la violence de cette société, en même temps que son charme intense

Pavel Lounguine, grand cinéaste russe qui faisait partie du jury l’année dernière s’étonne que depuis vingt ans, les films russes ne soient plus si souvent présentés en France : "Dans les années 90, on voyait une dizaine, voire une vingtaine, de films russes chaque année en France – Je suis né avec “Taxi Blues” qui avait eu le prix à Cannes. Aujourd’hui, ils ont disparu. Il faut croire que le cinéma russe n’est pas en bonne condition intellectuelle, comme s’il se refermait sur lui-même. Il a perdu beaucoup de qualités qui le rendait intéressant pour le monde entier." cité par Ouest France. Pas si vrai! Ne manquez pas ce festival

AUJOURD'HUI, NOUS PARLONS A JORIS FIORITI, CORRESPONDANT DE L'AFP à KABOUL

L'Afghanistan exécute six "criminels et terroristes" mercredi (PAPIER GENERAL) Par Usman SHARIFI et Joris FIORITI =(PHOTO)= KABOUL, 21 nov 2012 (AFP) - Les autorités afghanes ont procédé mercredi à l'exécution par pendaison de six "criminels et terroristes" malgré des représailles annoncées par les talibans, au risque de compliquer toute future négociation avec les insurgés. Les six pendus avaient tous été reconnus coupables de "terrorisme", "attaques à l'explosif" et "organisation d'attentats suicide", explique Rafi Ferdous, un porte-parole gouvernemental. Actifs dans le nord, le sud et à Kaboul, les exécutés, dont au moins l'un d'entre eux était un taliban, avaient mené des attentats ou assassiné des personnes, 21 au total dont deux employés de l'ONU, affirme Kaboul. Leur biographie sommaire envoyée à l'AFP ne précise toutefois quand les crimes reprochés ont été commis. Ces hommes, dont quatre portaient de longues barbes, semblaient originaires de diverses ethnies afghanes. La décision finale a été prise par le président afghan Hamid Karzaï, qui a "approuvé les verdicts des tribunaux", selon Rafi Ferdous. Le calcul est risqué politiquement. Le gouvernement essaie en vain de négocier avec les talibans qui nient son autorité, pour parvenir à une transition aussi pacifique que possible après 2014, quand les forces de la coalition de l'Otan qui le soutiennent, auront quitté l'Afghanistan. "Le président Karzaï est énervé par le refus constant des talibans de discuter avec son gouvernement. Il veut leur montrer que s'il peut réussir à (en) faire libérer des prisons pakistanaise, il peut aussi les faire pendre en Afghanistan", décrypte Waheed Mujda, un ancien dignitaire taliban devenu analyste. En novembre, le Haut conseil pour la paix afghan, une émanation du gouvernement afghan, s'est rendu à Islamabad, où il a obtenu l'élargissement de neuf prisonniers insurgés. "Maintenant, Karzaï veut aller voir les talibans dans une position de force", poursuit Waheed Mujda. Les rebelles ne l'entendent pas de cette manière. Avant même l'annonce officielle des exécutions, les talibans ont menacé Kaboul de représailles en cas de pendaison de leurs hommes. "Si nos prisonniers sont exécutés", "les parlementaires, les tribunaux et autres cercles liés à l'administration de Kaboul" peuvent s'attendre à de "lourdes représailles", ont-ils affirmé, ajoutant que leurs hommes "ne sont pas des criminels mais des prisonniers de guerre". Huit autres détenus, condamnés pour meurtre, enlèvement ou viol avaient été pendus mardi. M. Karzaï a donné son accord pour seize exécutions, selon son porte-parole Aimal Faizi. "Nous voulons et le peuple veut que la justice soit rendue. Le public a très bien accueilli l'exécution des criminels et des terroristes. Tous les messages venant des Afghans ont été positifs", a souligné Rafi Ferdous. A l'inverse, la réaction de la communauté internationale a été glaciale. Le bureau des droits de l'Homme de l'ONU à Kaboul, via sa directrice Georgette Gagnon, s'est ému des "déficiences des procédures judiciaires afghanes, préoccupantes dans le cas des procès ayant abouti à des condamnations à la peine de mort", dans une réponse écrite envoyée à l'AFP. Mme Gagnon, "réitérant" l'opposition de l'ONU à la peine capitale "en toute circonstance", a appelé Hamid Karzaï à "montrer que le respect de la loi peut se construire par la clémence et l'humanité". L'Union européenne, la Norvège, la Suisse, et les organisations des défense des droits de l'Homme Human rights watch et Amnesty International ont condamné mercredi matin les exécutions en Afghanistan, demandant à Kaboul de suspendre les mises à mort. Sans ébranler la volonté de Kaboul. Les mises à mort ont été peu fréquentes depuis la chute des talibans, fin 2001. HRW en a recensé 25 en une décennie, les deux dernières en 2011. Quelque 200 condamnés à mort attendent leur exécution dans les prisons afghanes, selon Amnesty international. bur-jf/emd/abl

ET PUIS, INFORMATION SURPRENANTE VENUE DE KABOUL

En Afghanistan, le téléphone portable sert aussi à alphabétiser les femmes (MAGAZINE) Par Mushtaq MOJADDIDI =(PHOTO)= KABOUL, 15 nov 2012 (AFP) - "Allah le tout puissant s'écrit A.L.L.A.H. L.E. T.O.U.T. P.U.I.S.S.A.N.T." Dans sa classe de Kaboul, Samira Ahmadzaï, 24 ans, n'écoute pas un professeur mais son téléphone portable, et écrit de manière malhabile sur un cahier ce que l'appareil lui dicte en persan. Enveloppée dans une burqa bleue, cette mère de deux enfants s'efforce de rattraper le retard accumulé depuis quinze ans et l'époque où, raconte-t-elle, elle fut privée d'école par les talibans. A leur arrivée au pouvoir en 1996, les "étudiants en religion" avaient restreint au maximum les droits des femmes. Alors que les mères n'étaient pas autorisées à travailler ou à sortir de chez elles sans un chaperon mâle, leurs filles ont été écartées des salles de classe. Le système éducatif, en ruine, a été relancé avec l'aide de la communauté internationale, après qu'elle eut chassé les talibans du pouvoir à la fin 2001. Aujourd'hui, plus de 8,4 millions d'enfants afghans vont à l'école, dont 39% de filles, d'après le ministère de l'Education. Mais la très grande majorité des femmes sont encore analphabètes: 87,5%, contre 60,7% pour les hommes. Dans un pays où 18 millions de personnes ont désormais un téléphone portable -- pour un taux de pénétration de 65% de la population selon l'institut d'études international Recherche et marchés -- Paiwastoon, une entreprise afghane, a vu dans cet outil un moyen de lutter contre illettrisme. Quelque 80.000 dollars provenant d'USAID, l'agence de coopération des Etats-Unis, ont servi à développer "Ustad mobile" ("le téléphone professeur"). L'application de Paiwastoon permet d'enseigner l'alphabet, la prononciation et des expressions en dari (version afghane du persan) et pachtoune, les deux langues officielles du pays, ainsi que les mathématiques, via l'interface audio et vidéo. Des classes d'alphabétisation et de maîtrise de l'outil ont également été mises en place à Kaboul. "Quand j'ai entendu parler de ce centre pour femmes, j'ai convaincu mon père. Il m'a autorisé à m'y rendre tous les jours", raconte Muzhgan Nazari, 18 ans, après ses cours. "Je suis vraiment heureuse d'avoir ce téléphone portable", s'écrie la jeune fille, les cheveux couverts d'un voile noir. Interdite d'éducation par son père, en plus de l'oukase taliban, Samira Ahmadzaï s'est ensuite mariée. "Maintenant, avec la permission de mon mari, je viens en classe", explique-t-elle. Et d'ajouter: "Etre illettrée, c'est comme être aveugle. Lire et écrire me permettra d'aider mes enfants." "C'est la première fois que des élèves illettrés ont la chance de recevoir des leçons sur leur téléphone portable", se félicite Mike Dawson, le PDG américain de Paiwastoon. "Nous facilitons le travail des professeurs" grâce aux téléphones portables, des appareils "moins chers que des ordinateurs", "dont les utilisateurs sont familiers" et dont "la maintenance est bien plus simple", observe-t-il. Paiwastoon avait auparavant distribué 3.000 ordinateurs portables à des femmes et enfants de Kaboul, Kandahar (sud), Herat (ouest), Baghlan (nord) et Jalalabad (est) dans le cadre de l'opération "Un ordinateur portable par enfant". L'application "Ustad mobile" peut être installée sur chaque téléphone disposant d'une carte mémoire et d'une caméra. Grâce à ce logiciel, l'élève peut voir et entendre prononcer des lettres et des expressions, et les apprendre. D'autres leçons seront disponibles à terme sur le site internet du ministère afghan de l'Education pour apprendre de nouvelles syllabes et expressions. "Nous essayons d'aider autant de personnes que possible. Nous souhaitons parler aux entreprises de téléphonie et aux médias pour que les gens connaissent notre programme. Nous avons également parlé à des vendeurs de téléphones. Ils sont désireux d'installer notre logiciel pour leurs clients", déclare Mike Dawson. "On ne se rend pas compte de la puissance des téléphones portables. Ils marchent comme des ordinateurs", s'enthousiasme le jeune PDG, qui se voit à terme capable d'enseigner ainsi "l'anglais, l'arabe, la santé ou l'agriculture". Pour le moment, seuls 100 étudiants, dont 65 femmes, "la principale cible du programme", selon son directeur Allah Baz Jam, utilisent "Ustad mobile". Une application qui, si elle était utilisée à plus grande échelle, pourrait fortement changer la condition des femmes, encore très précaire en Afghanistan. mam/jf/emd/cac

A RETROUVER SUR LE SITE DE L'AFP.COM

AU MENU DE NOTRE EMISSION CE MATIN

Avec Courrier international, à 5h20, nous parlons de la justice slovène : est-elle impartiale, dans ce petit pays européen, ou bien tenue par une poignée de magistrats ? A 5h25, cap sur Kaboul où nous attend Joris, un journaliste de l’AFP qui nous racontera comment en Afghanistan, le téléphone portable sert aussi à alphabétiser les femmes.

Et puis restez avec nous parce qu’à 6h-10, dans nos oubliettes du temps, on parle de la grande fête américaine qui commence aujourd’hui. Eh oui, c’est Thanksgiving aux Etats-Unis, et l’historien André Kaspi nous expliquera ce que cette fête incontournable, équivalente à Noël chez nous, signifie outre atlantique!

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