Selon les études, chacun de nos foyers jetterait en moyenne 80 kilogrammes par an de produits alimentaires encore bons à manger. Cela représente 30% de vivres gâchés... notamment à cause d’une confusion : on jette les aliments après la date de consommation optimale, souvent confondue avec la date de péremption. Dans nos réfrigérateurs comme dans les grandes surfaces, ce zèle par rapport aux dates corrobore notre besoin de sécuriser les aliments et de ne prendre aucun risque alimentaire.

C’est le nouveau combat du gouvernement, qui cherche en temps de crise, pas seulement à multiplier les gains mais aussi à limiter les pertes... Voilà une économie dans l’autre sens : apprenons à garder plus, à gâcher moins.

Le ministre à l’origine du plan anti gaspillage est le bien nommé Guillaume Garot, Ministre délégué à l'agroalimentaire. Il faut avouer que l’excès est un des mal de notre époque. On nous a élevé dans l’idée que le bonheur revenait à ne manquer de rien, jamais. Or peut être que la vérité est ailleurs, et pourquoi pas vers ce qui n'est plus valorisé de nos jours : l’ascèse, la tempérance, la modération et la mesure. N’acheter que ce dont on a vraiment besoin, lutter contre la peur de manquer, qui fait partie de notre nature...

Imaginez-vous que, tandis que la population mondiale a modérément augmenté entre 1970 et 1995, la production de ruminants, elle, a cru de 40 % dans la même période ! Pardadoxale situation : nous mourrons de nos excès (1/3 de la population américaine souffre de surpoids) à l’heure où près de 2 milliards d’habitants de notre planète souffrent de malnutrition…

Allez ! Ressaisissons-nous car pour nourrir 9 milliards d’individus en 2050, il faut s’y prendre dès maintenant !

COUP DE FIL FRANCOPHONE

Jean-Michel Hauteville, installé depuis 4 ans à Berlin. Il tient les Chroniques Berliniquaises

http://chronique-berliniquaise.blogspot.fr/

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.