Onze jours après le début de l'intervention française pour stopper la progression des islamistes vers le Sud, plus de 2.150 soldats français sont déjà déployés au Mali. Ce chiffre devrait encore augmenter dans les prochains jours.

Près de 2 semaines après le début de cette guerre qui nous a tous surpris, il est temps de nuancer un peu nos discours. Faisons un petit point ensemble sur la situation : le Mali n’a pas ou peu de tradition démocratique, à sa tête depuis un peu moins d’un an gouverne un régime putschiste qui n’a jamais montré beaucoup de sérieux, la population malienne est heureusement tranquille, habituée à la paix et à la coexistence pacifique. Au nord, une fourmilière d’individus, drapés dans l'islamisme radical, trafiquent depuis des années la drogue et les armes.

Voilà à peu près les forces locales en présence.

Avouons que les données de base du conflit laissent douter de son issue et pourtant... le consensus diplomatique, politique et surtout, plus étonnant, médiatique autour de cette guerre, pour la trouver opportune est bien là.

Tout le monde en France, à commencer par les commentateurs, a enfilé son treillis. On est de nouveau, comme sous George W. Bush, chaque soir dans la Living room war, vous savez cette guerre qu’on mène depuis son salon, devant sa télévision…

Et pourtant les images qui nous parviennent du conflit sont sporadiques, voire peu fiables, étant donné la réticence des rédactions et de l’armée à laisser les journalistes s’approcher trop près de la ligne de front.

Alors que faire ? Il faut penser l’avenir. Et pour cela, il faudra, un jour ou l’autre dialoguer avec ces ennemis protéiformes que sont les bandits qui pullulent au Nord, plus ou moins islamistes, négocier avec eux, comprendre leur haine, plutôt que de les combattre en se bouchant le nez.Que veulent-ils?

Regardez comment en Irak, en Afghanistan et ailleurs, les terroristes renaissent toujours de leurs cendres. Il faudra, un jour ou l’autre, se mettre à entrer dans le coeur du sujet, sans toujours faire parler les armes.

La paix se fait avec les ennemis, c’est pourquoi elle est si difficile.

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