Vous sentez cette odeur ? Une odeur de parfum, sur France Inter ce matin, comme depuis lundi : le parfumeur Jean-Claude Ellena est mon invité toute la semaine. Un nez agacé par l’Union Européenne, qui met le sien dans les ingrédients de la parfumerie. Ça sent la poubelle aussi : Hong Kong traverse une crise des déchets, les décharges débordent. Un délicieux parfum de nostalgie de l’enfance, enfin, avec l’attrape-livre de ce jeudi : Colombe Schnek nous conseille la lecture de « mon père », signé Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature.

Savez-vous ce qu’est le « yield management » ?

Encore du jargon à ranger avec « brainstorming », « benchmark » et autres magnifiques anglicismes d'entreprise. Certes. Mais c'est aussi la réponse à une question que l’on s’est tous déjà posée : qu’est ce qu’ils fabriquent avec les prix de leurs billets, à la SNCF ?

Cela vous est déjà arrivé, forcément : un week-end entre amis, tout le monde prend le même train, et personne ne paie le même prix. Les écarts sont même souvent impressionnants. Alors bien sûr, il y a les réductions des uns et des autres, mais tout de même, on a souvent l’impression qu’il n’y a rien de moins fixe que le prix d’un billet de TGV. Eh bien c’est à cause du « yield management ». A la SNCF, on préfère dire « optimisation des recettes », c’est plus joli, mais c’est la même chose : l’ajustement des tarifs en fonction de la demande.

Cette technique de tarification flexible a été inventée dans l’aviation, elle existe aussi dans l’hôtellerie. L’idée est de remplir le train le plus possible sans pour autant brader les places. La SNCF a mis en place un logiciel qui module le prix du siège en fonction de la période et de l’horaire du voyage, et qui le fait ensuite varier en temps réel en fonction de la demande. Si on réserve tôt, on a droit à un certain tarif. Plus le train se remplit, plus les prix montent.

Le « yield management » s’appuie sur la météo, sur les jours fériés, sur tout ce qui affecte cette fameuse demande, avec l’ambition de remplir le train, mais pas seulement : il faut au passage maximiser les recettes (yield, en anglais).

Pour répondre aux critiques toujours plus nombreuses sur son « maquis tarifaire », la SNCF a donné une conférence de presse cette semaine. Objectif : expliquer comment sont construits les tarifs du TGV. Alors oui, l’entreprise reconnaît qu’elle pratique le « yield management », mais en s’interdisant le retour en arrière, c’est promis ! Le retour en arrière consiste à proposer le lendemain un prix moins cher pour remplir le train. Pour autant, on peut rajouter des promotions quand le train n’est pas remplit, ce qui revient peu ou prou au même.

Mais il n’y a pas que ce procédé de fixation des prix qui explique l’opacité des tarifs. La SNCF invoque aussi les très nombreux tarifs sociaux. Il en existe 600 au total. Certains sont bien connus - la réduction pour les familles nombreuses, par exemple - d’autres sont des héritages historiques plus anecdotiques. Ainsi, les veuves de guerre paient le train moins cher quand elles voyagent pour se rendre sur la tombe de leur défunt mari. Il existe aussi une réduction pour les chasseurs qui voyagent avec leur chien le jour de la Saint Hubert, leur saint patron ! C’est véridique. La saint Hubert tombe le 3 novembre, voilà qui laisse le temps d’y penser, mais je vous invite à ouvrir l’œil, le 3 novembre prochain si vous prenez le train : il faut vérifier cette histoire de chasseur !

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