Un voyage européen au menu du 5-6 ce matin. Avec un concours de chant ringard mais tellement savoureux : l’Eurovision est née un 24 mai, en 1956. Nous évoquerons l’histoire de l’Eurovision et sa portée géopolitique dans les oubliettes du temps. L’Islande, quant à elle, s’éloigne un peu plus de l’Europe : le pays avait entamé des négociations d’adhésion à l’union européenne, elles sont finalement gelées par le nouveau gouvernement.

Il est des réformes complètement inutiles qui ont un charme fou… C’est le cas de celle réclamée par l’association pour la renaissance des villages. Réforme inutile, pas tout à fait ! Elle est en tout cas indolore sur le plan financier, et apparemment pas très compliquée à mettre en place.

Cette association demande une modification des règles de l’état civil pour autoriser les parents qui le souhaitent à domicilier la naissance de leur enfant dans la commune où ils résident et non pas dans celle où a eu lieu l’accouchement. Ainsi on pourrait lire, sur une carte d’identité : « né à Aunay-sous-Auneau », parce que c’est là que vit la famille au moment de la naissance, même si la mère a accouché à l’hôpital le plus proche et non pas dans ce village de la Beauce.

Pourquoi une telle réforme ? Eh bien parce qu’on n’accouche plus à la maison, en tout cas pas dans 99% des cas, en France. Parce que les archives des villages s’appauvrissent. Parce qu’il y a 36.000 communes dans le pays et seulement 540 maternités, selon le décompte de cette association, créée par Jean-Cyril Spinetta, PDG sortant d’Air France, avec un avocat au barreau de Paris, Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Spinetta, Versini… ces deux là sont corses ou je ne m’y connais pas ! D’ailleurs, dans leur plaidoyer, on peut lire ceci : « Les 360 villages corses ne voient plus aucune naissance. Tous les Corses nés dans l’île depuis les années 60 naissent à Bastia ou Ajaccio, ou, encore moins nombreux, à Porto-Vecchio. […] Les villages marient encore. Ils enterrent aussi, mais il n’y naît plus personne. »

Et de citer en exemple un département français, le département de l’Aisne. Jean de la Fontaine y est né, à Château-Thierry. Racine aussi, à La Ferté-Milon. Alexandre Dumas a vu le jour à Villers-Cotterêts. Paul Claudel, à Villeneuve-sur-Fère et sa sœur Camille Claudel à Fère-en-Tardenois. Eh bien, de toutes ces personnalités, seul aujourd’hui y serait déclaré né, dans sa ville natale, Jean de la Fontaine, parce que Château-Thierry conserve encore une maternité. Villeneuve-sur-Fère et Fère-en-Tardenois auraient disparu aujourd’hui de l’état civil… et du dictionnaire, qui prend soin d’indiquer le lieu de naissance et de mort !

L’association « renaissance des villages » propose sur son site Internet de télécharger un formulaire de soutien, qu’il faut accompagner d’un chèque de 100 euros pour adhérer (ah oui quand même, les combats inutiles mais savoureux ont un prix). Elle insiste sur le fait que la quasi-totalité des maires de France « seront sans doute favorable à une telle réforme qui leur permettrait de voir rouvrir leurs registres de l’état civil et - qui sait ! - dresser un immense panneau à l’entrée du village comme celui qui ouvre la commune de Montboudif dans le Cantal, où est né Georges Pompidou. » Tiens, je me demande comment s’appellent les habitants de Montboudif…

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