En ce moment, à l'Opéra Bastille, on peut voir "Tosca" de Giacomo Puccini, opéra conçu en 1900... j'y suis allée avant hier et, je dois l’avouer, je ne me suis pas du tout, mais pas du tout ennuyée. On n’ose jamais le dire mais il existe une telle rupture entre la vie courante, les klaxons de voitures, la télévision, les sonneries de téléphone portable et l’intérieur d’une salle de concert, feutrée, où tout est dédié à la beauté, à l’harmonie, à la grâce... et ce petit flottement pour entrer dans le spectacle, pour se laisser toucher par lui, peut aussi parfois ressembler à de l’ennui.

Mais là, rien à faire, "Tosca", cet opéra de Puccini est rapide, époustouflant, sans longueur. Il faut dire que l’histoire est belle; elle ferait "pleurer un roc" comme l’écrit Pierre-Jean Rémy dans son merveilleux "Dictionnaire amoureux de l'Opéra". Tosca est cantatrice, amoureuse et jalouse: "J'ai vécu d'art, j'ai vécu d'amour, je n'ai jamais fait de mal à âme qui vive !" chante -t-elle, alors qu'elle est aux prises avec le méchant Scarpia "un satyre bigot et hypocrite, secrètement adonné au vice, mais offrant les apparences de la piété". C'est le chef de la police de Rome, une incarnation du pouvoir et de l'arbitraire. Aujourd’hui on dirait de lui qu’il est un pervers narcissique car pour obtenir les faveurs de Tosca, dont il est amoureux, il suscite sa jalousie en insinuant que son amant, le peintre Mario Cavaradossi a une liaison secrète avec la marquise Attavanti. Et voilà, le vers est dans le fruit, car Tosca est jalouse, terriblement passionnelle, c’est sa faille…

On ne dira jamais assez combien la musique classique, le spectacle du beau au service de l'intrigue et la grâce des voix adoucissent les mœurs.

Le philosophe allemand Hegel n'écrivit-il pas : "la musique doit soulever l'âme au-dessus du sentiment dans lequel elle est plongée, la faire planer au-dessus de son contenu, lui constituer ainsi une région où elle demeure détachée du sentiment qui l'absorbait et puisse se livrer à la pure perception d'elle-même »…

SANS TRANSITION

Au menu de notre matinée ensemble, je vous propose un face à face avec les grands singes roux et velus de la forêt indonésienne. Eh, oui, vous n’y échapperez pas, dans un instant, nous serons avec une primatologue passionnée. Et puis dans 15’, on met le cap sur la Russie et sur ces nouveaux riches, dont parait-il le comportement commence à évoluer... fini les fourrures, la démesure et les stations de ski où la vodka coule à flots... ils changent un peu. A 5h25, si on n’a pas peur des grands écarts, on appellera l’Inde pour comprendre le phénomène tristement célèbre des enlèvements d’enfants. Et puis 5h40 Colombe Schneck et les livres et 6h-10, nos oubliettes du temps. Aujourd’hui, nous assisterons à l’Abdication de Charles Quint, un 25 octobre 1555. Chiffre rond et évènement historique !

PARTENARIAT AFP - BEATRICE LE BOHEC, CORRESPONDANTE A NEW DELHI

Inde: la détresse d'une mère dont l'enfant disparaît, comme 50.000 par an (MAGAZINE) Par Rupam JAIN NAIR =(PHOTO+VIDEO)= NEW DELHI, 23 oct 2012 (AFP) - En sortant acheter des bonbons, Shivam Singh avait promis à sa mère qu'il rentrerait à la maison faire ses devoirs. Mais le garçon de 13 ans n'a jamais reparu, comme 50.000 enfants qui disparaissent chaque année en Inde. "Mon fils a laissé ses manuels ouverts, mis ses sandales, s'est passé un peigne dans les cheveux et a couru dehors", se souvient Pinky Singh, en évoquant ce sinistre soir de juillet dernier. "C'est la dernière fois que je l'ai vu", dit-elle, assise sur le bord du lit dans la chambre de son fils, décorée de jouets et de trophées sportifs. "Je prie pour qu'il ne soit pas obligé de se droguer ou de mendier. C'est un garçon très naïf et studieux". Selon les chiffres 2011 du Bureau d'enregistrement de la criminalité en Inde (National Crime Records Bureau), 14 enfants disparaissent chaque jour à New Delhi, dont au moins six d'entre eux au profit de trafiquants. Selon les autorités, ils sont 50.000 à disparaître dans l'ensemble du pays, où des villes tentaculaires comme New Delhi et Bombay représentent des cibles de choix pour des bandes organisées. L'Unicef, l'agence onusienne pour les enfants, estime qu'environ 1,2 million d'entre eux sont victimes de trafic chaque année dans le monde. En août dernier, la cour suprême indienne a ordonné aux gouvernements fédéral et local de fournir des données sur les enfants disparus après une plainte d'une ONG l'accusant de ne rien faire pour lutter contre le fléau. La police affirme avoir sauvé des centaines d'enfants du travail en usine et avoir démantelé un vaste trafic de prostitution. Mais elle avoue être parfois dépassée par le défi à relever. Des enquêteurs de la police fédérale indienne ont reconnu l'an dernier l'existence de pas moins de 815 bandes organisées, soit plus de 5.000 personnes au total, impliquées dans des enlèvements d'enfants pour alimenter les réseaux de prostitution et de mendicité dans toute l'Inde. Exploités par l'industrie pornographique "Très souvent, les enfants kidnappés sont utilisés comme main d'oeuvre bon marché dans des usines, des magasins et des maisons. Ou ils sont exploités comme esclaves sexuels et servent à alimenter l'industrie pornographique infantile", explique à l'AFP un porte-parole de la police de New Delhi, Rajan Bhagat. "Ces gangs ciblent les bidonvilles urbains parce qu'ils peuvent facilement suivre leurs mouvements et les attirer avec de la nourriture. Certains parents pauvres ont peur de signaler leur disparition à la police et beaucoup d'entre eux n'ont même pas de photo de leur enfant pour prouver leur existence", dit-il. En 2006, la police a découvert dans un faubourg de New Delhi des morceaux de corps de 17 enfants, emballés dans des sacs plastique. Une affaire qui choqua profondément l'opinion et relança le débat sur la sécurité des enfants en Inde. A 12 ans, Sharath Kumar sait mieux que personne que le danger existe. Lorsqu'il avait neuf ans, ce fils d'un petit commerçant de New Delhi, fut victime d'une tentative d'enlèvement alors qu'il attendait sa mère à la sortie de l'école. "Le vieux monsieur m'a couvert le visage avec un tissu noir, il m'a traîné et a menacé de me tuer si je donnais l'alerte", se souvient-il. Le garçon ne dut son salut que grâce à l'intervention de quelques jeunes qui entendirent ses appels au secours et mirent en fuite son ravisseur. "Mon fils a eu une chance énorme. Il était dans un état de choc et a pleuré des heures lorsqu'on est rentré à la maison", confie sa mère, S. Laxmi. "Après l'agression, la police m'a demandé une photo récente de lui et je n'en avais pas. Je me suis maudite, avec mon mari, pour notre négligence". Elle réactualise désormais tous les six mois les photos d'identité de ses deux fils. Pour les enquêteurs, l'absence de photos élimine en effet tout espoir de retrouver la trace d'un enfant disparu. "La plupart des ravisseurs ciblent des enfants âgés de 6 à 13 ans. On ne peut les retrouver sans photo", reconnaît V. Renganathan, un responsable de la police à New Delhi. M. Renganathan est à l'origine d'une initiative où les fonctionnaires de police prennent en photo des enfants dans les bidonvilles pour les intégrer dans leurs fichiers et en donner une copie aux parents démunis. Pour Pinky Singh, qui a fourni une photo de son fils aux enquêteurs, l'insupportable attente se poursuit. "Tous les matins, je me réveille pour attendre le retour de mon fils et tous les soirs je m'endors en pensant à lui. Attendre est ma seule vie". rn/co/blb/cac

A retrouver sur le site www. afp.com

Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.