Un camaïeu de noir ce matin au programme du 5-6. On parlera de la matière noire, qui fascine les astrophysiciens, et d’un tableau en noir et blanc, l’un des plus célèbres du monde : Guernica, de Picasso. Le bombardement de Guernica, c'était un 26 avril, en 1937.

Etre reçu en entretien d’embauche, c’est déjà une bonne nouvelle. Mais une fois qu’on l’a décroché cet entretien, il reste une question : je mens ou je dis la vérité ? Et notamment sur un point très sensible, une question absurde et pourtant si courante : quel est votre principal défaut ?

C’est la journaliste Elsa Fayner qui se penche sur cette rengaine de DRH dans son blog baptisé « vie de bureau », sur le site Rue 89. Dans les forums de discussion sur Internet, dans les manuels du bon candidat et dans les écoles, partout le même conseil pour répondre à LA question d’entretien d’embauche : donnez un défaut qui est aussi considéré comme une qualité. A tel point que la France entière est devenue « curieuse », « trop organisée » et surtout… « perfectionniste », voire « trop perfectionniste », écrit Elsa Fayner.

Oui, avouez que vous l’avez déjà sorti de votre chapeau, ce vilain défaut qui n’en est pas un, si vous avez passé un entretien d’embauche. Pour ma part je l’avais utilisé quand je postulais pour un job étudiant dans une célèbre enseigne de restauration rapide. Comme un réflexe : Un défaut ? Perfectionniste ! Du tac au tac. Mais le « manager » (c’est comme cela qu’on appelle les cadres au pays du hamburger) m’en avait demandé un autre. Je n'avais pas prévu cela ! J'ai donc naïvement s répondu : « je ne supporte pas bien la critique ». Le manager n'en croyait pas ses oreilles. C'est très mal passé.

Elsa Fayner le confirme, il vaut mieux éviter d’avouer que vous êtes « obsédé par les congés », « lève-tard » ou « allergique à l’autorité ». Alors comment s’en sortir ? Ce qui compte c’est d’argumenter. Un recruteur, cité dans cet article, explique que la question des défauts est un peu « old school », mais elle perdure en entretien parce qu’elle permet de vérifier que le candidat a préparé l’entretien et surtout de cerner sa personnalité en observant la manière dont il justifie son choix.

Les recruteurs interrogés par Rue 89 s’accordent pour dire qu’il vaut mieux se trouver un vrai défaut, qui n’a pas de conséquence sur la tâche à effectuer (avoir du mal à l’oral pour un comptable n’est pas dramatique par exemple… en radio c’est plus gênant !) Cela signifie que le candidat a compris ce qu’on attend de lui (un recruteur cité dans cet article parle « d’intelligence de la situation ») et qu’il a déjà fait siens les codes de l’entreprise.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve cette comédie un peu déprimante. Et cela me rappelle une idée géniale inventée par Tonino Benaquista dans l’un de ses romans, Saga : le quart d’heure de sincérité. Dans ce livre, des scénaristes qui travaillent pour une série télé décident d’instaurer un quart d’heure de sincérité dans chaque épisode. Un passage où les personnages de la série disent vraiment ce qu’ils pensent plutôt que ce qu’il faut dire. Par exemple, Marie, à Walter : « j’ai longtemps hésité avant de vous demander de venir réparer ma salle de bain, j’avais peur que ça fasse un peu traquenard. » Walter : « En tout cas, ça m’évite d’avoir à en trouver un ». Résultat, les personnages se ... séduisent plus vite, disons. Voilà qui est plus efficace !

Alors qu'est ce que ça donne, l’entretien d’embauche version quart d’heure de sincérité? "Ecoutez, mon pire défaut c’est que je suis trop honnête. Elle est ridicule votre question. Vous croyez vraiment que je vais vous avouer que je passe la journée sur Facebook, au bureau ? Si je dis que je n’ai aucun défaut, j’aurai l’air arrogant, et c’est mal vu. Non, je vais chercher un défaut qui ressemble à une qualité, comme tout le monde. Et vous serez bien content. Mais vous aurez évalué ma compétence à passer un entretien d’embauche, c’est tout."

Oui, le risque est bien là : avec cette question du défaut, on n'évalue que la capacité du candidat à passer des entretiens d’embauche, plutôt que sa manière de travailler.

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