C’est un 5-6 le nez en l’air que je vous propose ce matin, une émission aérienne. On évoquera le destin d’un aviateur légendaire : Jean Mermoz. On retournera visiter un univers où l’homme peut voler, et faire à peu près tout ce qui lui chante d’ailleurs : l’univers de nos rêves. On prendra aussi un vol sans escale pour Bombay : un Français installé en Inde nous parlera de la montée en puissance politique d’un nationaliste hindou au passé trouble, Narendra Modi.

Alors comme ça, il y aurait du dopage sur le Tour de France ? Laurent Jalabert, icône du cyclisme français, a annoncé qu’il renonçait à commenter le Tour à la télévision après les accusations de dopage du journal l’Equipe. Vous devez être nombreux à être un peu sonnés, déçus par cette énième affaire à quelques jours du coup d’envoi de la Grande Boucle. Eh bien, consolez-vous en vous intéressant à un autre Tour de France, dont on parle… un peu moins : le tour de France colombophile ! Un colombophile est un éleveur de pigeons voyageurs.

Hier, c’était la première étape entre Grouches Luchuel, dans la Somme et Sèvres, dans les Hauts de Seine. Quinze étapes sont prévues jusqu’au 15 juillet, avec à chaque fois cinq pigeons voyageurs lâchés. Ce ne sont pas les mêmes pigeons qui participent à chaque étape, parce que la particularité du pigeon voyageur, c’est qu’il a un sens de l’orientation exceptionnel, mais qu’il ne connait qu’un seul chemin : celui de son pigeonnier. On transporte donc des pigeons en camion jusqu’au départ de l’étape, et on les lâche pour qu’ils rentrent chez eux, à l’arrivée de l’étape. Aujourd’hui, par exemple ce sont des pigeons de Saint Hilaire Saint Mesmin, dans le Loiret qui vont être lâchés à Sèvres. Une deuxième étape de 133 kilomètres.

L’objectif de ce tour de France, c’est bien sûr de mieux faire connaitre cette savoureuse activité qui est très ancrée dans le Nord Pas de Calais. D’ailleurs, la fédération colombophile française est basée à Lille, et elle compte près de 14.000 licenciés. Joli score ! C’est un peu moins que le vélo, d’accord : la fédération française de cyclisme compte plus de 100.000 membres, mais il y a moins de scandales de dopages avec les pigeons.

Le pigeon voyageur n’est plus un pigeon de combat aujourd’hui, un moyen de communication des armées, c’est surtout une bête de course et de concours. La relation que les colombophiles entretiennent avec leurs sportifs est vraiment touchante, j’ai eu l’occasion de le constater en rencontrant un passionné dans le Pas de Calais. Le plus fascinant, chez les pigeons voyageurs, c’est qu’on ne sait pas vraiment comment ils font pour retrouver leur chemin. Il pourrait y avoir un lien avec le soleil, puisqu’un pigeon vole beaucoup mieux par beau temps. La magnétique terrestre est aussi une explication possible, le pigeon aurait une sorte de boussole intégrée.

On ne sait pas comment il fait, mais on sait pourquoi il rentre : avant chaque lâcher, les pigeons sont séparés de la femelle dans les pigeonniers, pour entretenir le manque et pour s’assurer qu’ils rentreront le plus vite possible à la maison. Et ça vole vite, un pigeon voyageur : jusqu’à 120 kilomètres heure. Plus vite que les cyclistes du tour de France à vélo !

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