La jalousie rend possible l’intrusion de l’irrationnel dans les affaires les plus sérieuses. Et c’est assez inquiétant. Dans l’affaire Petraeus, par exemple, aux Etats-Unis, celle qui vient de contraindre l’un des premiers personnages de l’état à la démission… tout a commencé par une imprudence liée à la jalousie. Une ex maîtresse qui envoie un email rageur et vengeur à une rivale potentielle. Dans ce petit monde où on est d’emblée sur écoute et toujours sur ces gardes, cette imprudence a fait l’effet d’une bombe. Ne parlons pas du Président français et des femmes tigresses qui l’entourent. Elles aussi sont capables de petites phrases qui n’ont rien à envier à celles d’une amoureuse transie outre-atlantique. Et en lisant la UNE du Figaro ce matin, et le champ lexical du titre qui concerne la succession à la tête de l’UMP, on est bien dans le registre amoureux: "La rupture est consommée entre Copé et Fillon". La politique est le chaudron idéal pour faire mijoter nos émotions les plus troubles avec, en plus, une illusion de toute puissance qui les exacerbe. C’est vrai qu’à penser qu’on est l’homme providentiel, l’homme idéal, le meilleur, on goûte à une forme d’ivresse qui peut devenir addictive…

Voyez ce que dit Montaigne sur la jalousie : « La jalousie est de toutes les maladies de l'esprit celle à qui le plus de choses servent d'aliment et le moins de choses de remède ».

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