A quoi servent les riches, se demande ce mois-ci l’excellente revue Books, reprenant un article paru il y a 7 ans dans le NY Times sous la plume de Peter Singer, professeur de bioéthique, enseignant à l’université de Princeton ? Ce chercheur australien s’intéresse aux problèmes éthiques que pose à notre conscience la coexistence de la grande abondance et de la grande pauvreté dans notre monde.

Comment parvenons-nous à lire des magazines people où l’opulence est partout tout en acceptant (sans s'indigner!!!) de voir chaque jour des milliers de réfugiés sur les routes de Syrie, partis dans le froid hivernal avec enfants et un balluchon, sans rien de plus ? Regardez Haïti, qui est toujours notre mauvaise conscience et ces pays d’Afrique dans lesquels l’espoir d’un jour meilleur est toujours découragé par des gouvernements corrompus... sont-ils solubles dans notre bonne conscience?

Comment, à l’heure où nous savons tout, ou presque, grâce aux flux d'infos, vivons-nous avec tout ce poids intérieur ? L’une des réponses est que notre vie à nous aussi, toute proportion gardée, est difficile: dans la riche Europe en paix, il nous faut nous battre avec la maladie, le chômage, la solitude, la détresse sociale...

Que doivent faire les riches de leur argent ? Quelle est leur utilité, leur fonction dans notre XXIème siècle déjà décadent? On pourrait dire qu’ils ont le droit de le dépenser en fêtes luxueuses, en jets privés et en yacht mais cela ne nous empêche pas de penser qu’il est mal de se livrer à ces activités pendant que d’autres meurent de faim. Dans l'article de Peter Singer: "Vivre dans le luxe, entend-on fournit des emplois et la richesse se propage vers le bas, servant mieux les pauvres que toute forme d’aide. Mais en fait, les très riches des pays industrialisés n’achètent quasiment rien de ce qui est fabriqué par les très pauvres. Une fraction des extrêmement pauvres, les 10% les plus indigents de la planète dont la plupart vivent en Afrique, n’a rien à vendre qui intéresse les riches ou ne peut acheminer, faute d’infrastructures, leur marchandise jusqu’au marché".

Aux Etats-Unis, le citoyen lambda pense que si on a gagné de l’argent par son travail, et Dieu sait si les grandes fortunes sont nombreuses outre-atlantique, personne ne doit nous dicter ce qu’on doit faire avec son argent. La charité ne se décrète pas, comme dirait Charles Péguy.

Alors vaut-il mieux faire payer aux citoyens riches un impôt obligatoire comme en France, ou dans l’Europe du Nord ou bien encourager l’enrichissement personnel et espérer la philantropie des plus riches comme Warren Buffet ou Bill Gates qui sauvent chaque jour des vies en Afrique, à coup de programmes bien ficelés et d’initiatives massives ?

A l’exergue du site internet de la Fondation Gates on peut lire cette phrase : « A ceux qui ont beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé. ». Biblique

Au menu de notre matinée ensemble, nous retrouvons dans un instant Marc Lachieze Rey qui nous apprend à regarder les étoiles. Passionné par le ciel et l’astronomie, il saura je vous l’assure, dans 10’, alimenter votre capacité d’émerveillement.

Et puis à 5h25, nous passons de l’autre côté du miroir, en Inde, un pays où des mères porteuses racontent leur expérience. La correspondante de l’agence France presse à New Delhi a enquêté auprès de ses femmes qui louent leur ventre à des couples occidentaux… un récit poignant et qui fait réfléchir.

Après le journal de 5h30, nous feuilletons la presse avec une curiosité redoublée pour y découvrir les pépites, les histoires qui mettent en marche et de bonne humeur au petit matin. Et puis à 6h-10, restez avec nous car dans nos oubliettes du temps, nous évoquons la capitulation de Paris, terrible humiliation, il y a 142 ans, un 28/02/1871

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