Vendredi je suis allée à l’Opéra Bastille. Je vous ai déjà raconté que j’avais pris un abonnement à l’Opéra de Paris et, de ce fait, tous les 3 ou 4 mois, je suis sommée de m’y rendre. C’est un RDV inscrit dans le marbre de mon année, je ne le manquerais pour rien au monde.

Je suis arrivée sans apriori, avec une oreille totalement neuve face à cet opéra de Moussorgski un compositeur fou et russe de la fin du XIXe s. Dès le premier tableau, on sent une atmosphère étrange : des corps gisent au sol, une procession de croyants avec des icônes orthodoxes, des soldats soudards. Ca y est, on plonge dans la folie russe, il fait froid, c’est la guerre civile, on est à la fin du XVIIès. D’ailleurs c’est là probablement que j’ai attrapé ce chat dans la gorge, en écoutant ces mélodies venues de l’Oural. La Kovantchina, puisque c’est le nom de cet opéra raconte comment les nouveaux orthodoxes et les Vieux-Croyants s’arrachèrent la Russie, en plein règne de Pierre Le Grand, en 1682. D’un côté le Tsar progressiste et de l’autre la vieille Russie attachée à ses traditions et à sa foi ancestrale.

Ce qui m’a fasciné, outre la mise en scène et les costumes tellement chargés et chatoyants, c’est la présence de l’humble peuple russe qui commente l’action, y participe, avec courage et naïveté. On sent un peuple joyeux, désespéré, soudard et fou. Il y a ce scribe, qui sait lire et veut se faire payer pour déchiffrer les inscriptions sur les murs, les graffitis de l’époque, le joueur de balalaïka ou les paysannes.

Tous ont cet air passionnel et tragique, ils sont bouleversants.

4 heures de musique et de spectacle dont on perd le fil avant de le retrouver.

La Khovantchina, c’est un opéra fastueux, avec des dizaines d’interprètes, des chœurs massifs, ça vous remet d’aplomb. On oublie la crise. En sortant, on se dit que la musique, après tout, il n’y a que ça de vraiment consolant. Surtout quand C’est vraiment le triomphe de la démesure russe, généreuse, martiale, spirituelle, tendre et robuste à la fois. Un spectacle à voir ou à écouter. le 9 février le soir de la dernière à Bastille, Il est retransmis en direct sur France Musique, notez la date dans vos tablettes !

Au programme de notre matinée ensemble ; dans 10’ , rencontre avec Jean-Louis Tissier, un géographe à l’ancienne, fasciné par les cartes et les secrets qu’elles révèlent sur les territoires. A 5h 20, on part au Royaume Uni avec cette question : pourquoi de plus en plus d’Anglais veulent-ils sortir de l’Europe ? Ils devront dans 2 ans donner leur avis sur la question par référendum.

Et puis restez avec nous parce qu’à 6h-10, dans nos oubliettes du temps nous parlons d’un bal étonnant qui s’est déroulé à Paris, un 28 janvier, à la fin du 14e siècle. Ce bal a marqué les esprits parce que le roi s y est déguisé, ce que la morale réprouvait, et que le sort l’a puni… C’est Didier le Fur, un historien du Moyen Age qui nous racontera cet épisode du bal des ardents à la cour de France.

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