Faisons un petit effort de projection ce matin : nous sommes en 2100. Ce n’est pas si loin, c’est dans moins de 100 ans. Eh bien il n’y aura sans doute plus de plage, en 2100. Si rien n’est fait pour préserver le sable, les plages vont disparaître, selon les estimations des spécialistes. Voilà ce qu’on apprend dans un documentaire qui sera diffusé ce soir sur Arte : « Le sable, enquête sur une disparition ». Un film construit comme un thriller écologique, signé Denis Delestrac.

On le sait pour le pétrole, mais on a tendance à l’oublier pour le sable : c’est une ressource naturelle qui n’est pas inépuisable ! Le sable est d’ailleurs la ressource naturelle la plus consommée sur la planète, après l’eau. Il y a du sable dans le verre bien sûr, dans le dentifrice, dans les cosmétiques, dans les puces électroniques, mais surtout, dans le béton armé. Le secteur de la construction en a un besoin colossal.

Au total, ce sont plus de 15 milliards de tonnes qui sont utilisées dans le monde chaque année. Mais vous me direz, il y aura toujours le désert ! Eh bien non, le sable du désert est trop rond et trop fin pour faire du béton. C’est donc au fond des océans que l’on creuse pour récupérer de quoi fabriquer nos immeubles, le pillage de la ressource s’accélère d'années en années.

Voilà qui détruit les écosystèmes marins et provoque l’érosion des plages, qui reculent inexorablement et vont finir par disparaître. Le film de Denis Delestrac vous propose un tour du monde de cette bombe écologique à retardement. Il nous emmène au Maroc, où prospèrent des mafias du sable, à Singapour, en Bretagne, en Floride, ou encore à Dubaï. Dubaï qui importe du sable d’Australie pour satisfaire à sa soif de grattes ciels et d’îles artificielles.

On regarde ce film en se posant sans arrêt une question : mais pourquoi entend-on aussi peu parler de ce business mondial du sable ? Le sable, enquête sur une disparition. C’est passionnant, et c’est ce soir à 20h50 sur Arte.

Le sable, enquête sur une disparition.
Le sable, enquête sur une disparition. © Radio France / Denis Delestrac. Ce soir sur Arte.
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