Le sommaire de ce matin : En archéologie, on cherche beaucoup mais on trouve peu, nous dira l'archéologue Pascal Depaepe, notre invité toute la semaine. Nous irons aussi en Suède où le marché de la musique se porte bien grâce au succès du site Spotify notamment. Et nous remonterons le temps jusqu'au 28 mars 1939 : l'entrée de Franco à Madrid, qui marque le début d'une longue, très longue dictature en Espagne.

L’avenir du cinéma devra-t-il passer par nous, les spectateurs ? C’est ce que semble penser Michèle Laroque. La comédienne s’est en effet lancée dans une grande campagne de communication, elle parcourt les plateaux de télé et lance des appels sur les réseaux sociaux pour financer son prochain film. Et c’est le public qui est mis à contribution. « Si on faisait un film ensemble », voilà le slogan. Tout le monde est invité à mettre un peu d’argent et à devenir ainsi coproducteur. La plateforme de financement participatif sur laquelle on peut financer ce projet s’appelle d’ailleurs « tous coprod' ».

Attention, l’idée n’est pas d’avoir un retour sur investissement. Quel que soit le montant de votre participation, ça ne vous rapportera rien ! En revanche, vous gagnez le droit d’assister à une journée de tournage, d’être impliqué dans le choix des acteurs ou d’être invité à la fête de fin du film.

On appelle cela du « crowdfunding », financement par les particuliers en bon français, ou financement participatif. L’idée et née dans les années 90 mais connaît depuis quelques mois un succès grandissant. La plate forme de financement collaboratif la plus en vue s’appelle Kickstarter, un site américain qui propose de financer un éventail très large de projets : de la création musicale au journalisme, en passant par la production d'énergie solaire.

Voilà un joli mouvement de solidarité, une tendance qui crée du lien entre les gens pour un projet commun, certes. Mais on a du mal à s’empêcher de penser que cette solidarité est un peu gâchée, non? Parce que Michèle Laroque le dit volontiers en interview : elle aurait tout à fait pu passer par les canaux habituels pour financer son film. D’ailleurs son projet est un film tout ce qu’il y a de plus traditionnel : l’histoire, lit-on, « d’un homme et d’une femme qui ont l’un et l’autre une revanche à prendre sur des enfances douloureuses, et qui ont en commun une ambition démesurée. » Un film où l’on découvrira, oh surprise, qu’entre les deux personnages masculins, « celui qui est le plus brutal en apparence, le plus effrayant, est en fait le plus sincère, le plus honnête. »

Pourquoi faire appel à la solidarité du public si elle pouvait faire autrement ? Serait-ce une manière de ne pas perdre la face, de ne pas reconnaître que si, en fait, elle avait du mal à financer ce film? Dans le cas contraire, on se dit que c'est dommage, que les gens pourraient donner leur argent à une cause un peu moins… cinématographique. Oui, je suis rabat-joie et je m’en excuse. D’autant que si le film fait des bénéfices, ils seront reversés à une association caritative, et ce sera même aux coproducteurs de décider laquelle. Mais l’histoire ne dit pas si Michèle Laroque se prélèvera un salaire avant de céder les bénéfices.

La vraie question est de savoir si le résultat sera plus audacieux, plus original, plus réussi que s’il avait été financé par les canaux habituels du cinéma français. Pour ça, on attendra la sortie en salle, pas de procès d’intention s’il vous plait !

En tout cas, à vot’bon cœur m’sieurs dames, le cinéma français a besoin d’aide !

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