Encore un grand voyage, un bel itinéraire au programme de ce matin. On mettra le cap sur la Kabylie et sur les îles Hébrides, avec la romancière Alice Zeniter, lauréate du prix du livre Inter 2013 pour son roman « Sombre Dimanche ».

Avant cela, je vous propose une immersion amazonienne. Dans "le Bestiaire", d’abord : une nouvelle espèce de mammifère a été découverte très récemment, l’olinguito. Dans "Hors Circuit", ensuite : On fera la connaissance d’une tribu d’Indiens qui luttent contre l’exploitation du pétrole dans leur sous-sol, en Amazonie équatorienne, les Sarayakus.

Un détour par le Mexique. C’est là qu’est né l’arrondi solidaire, une idée toute simple, simplement géniale. Cela consiste à proposer aux clients des supermarchés de payer un peu plus lors du passage en caisse : 10 euros au lieu de 9 euros 67, par exemple. La différence est versée à une association caritative.

La campagne pour les élections municipales à Strasbourg, également au programme. On passera un coup de fil à la rédaction des Dernières Nouvelles d'Alsace, dans "l'actu près de chez vous".

De la philo au saut du lit ! Le philosophe du dimanche, c'est Thibaut de Saint Maurice. Peut-on être idéaliste aujourd'hui? Thibaut se pose la question cinquante ans après le rêve de Martin Luther King.

Enfin on retrouvera Aurore Vincenti pour « Qu’est ce que tu m’jactes ». Aurore, l’experte en argot d’aujourd’hui. Son "blaze", c’est Vincenti.

Phare de Barra Head avec les îles de Mingulay, Pabbay, Sandray et Barra, Hébrides extérieures, Écosse
Phare de Barra Head avec les îles de Mingulay, Pabbay, Sandray et Barra, Hébrides extérieures, Écosse © Bob Jones/Wikimedia

Souliers suspendus

Mais comment, et surtout, pourquoi sont-elles arrivées là ? C’est le Parisien qui se posait la question cette semaine au sujet des mystérieuses baskets volantes. Vous avez peut-être déjà remarqué, en levant le nez en ville, des paires de chaussures accrochées par les lacets qui pendent aux fils électriques ou aux arbres. Mais qu’est ce qu’elles font là haut ?On peut trouver cela joli : ces paires de chaussures, très rarement dépareillées, qui parfois dansent au gré du vent, suspendues à un fil. Ce qui est amusant, surtout, c’est d’imaginer la scène qui a précédé : de nuit, sans doute, on noue les lacets entre eux, pour sceller le destin des deux chaussures, on prend un peu d’élan, et on les lance à la verticale. Elles atteignent le fil électrique, les lacets s’entortillent autour, et voilà, elles restent là.

« Alors, défi potache ou signification cachée ? », s’interroge le journaliste du Parisien. Déjà en juin dernier, 20 minutes se posait la même question à Nîmes. Les souliers suspendus fleurissent dans la préfecture du Gard. La Charente Libre aussi en a remarqué à Angoulême, tout comme l'Union, à Reims. A croire que les baskets volantes ont envahi la France entière. Et toujours la même question : mais pourquoi ?

S’il faut vraiment des réponses, on les trouvera notamment dans le Monde, qui avait déjà étudié le phénomène l’année dernière. Cette pratique s’appelle le « shoe tossing » ou « shoefiti ». C’est une mode qui vient des Etats-Unis, où elle s’est développée dans les années 1990. « Identifier un endroit où l’on vend de la drogue ou délimiter un territoire pour les gangs, aux Etats-Unis, sont les raisons les plus souvent mentionnées pour expliquer l’apparition de ces baskets aériennes, écrit Nina Cavielles dans le Monde. C’est surtout dans des ruelles peu fréquentées et obscures que surgissent ces chaussures pendues aux câbles. Cette mode peut aussi s’apparenter à un rite de passage, un moyen de marquer une célébration. Fêter la fin de l’année universitaire, une réussite scolaire, ou signaler à ses pairs qu’on vient de perdre sa virginité.» Autre explication, beaucoup plus prosaïque mais pertinente, avancée par le Parisien : le « shoe tossing » est surtout pratiqué par les skateurs. Or la pratique du skate board use énormément les chaussures. Quand une paire de baskets est fichue, plutôt que de la jeter, on la suspend en l’air, pour faire joli, tout simplement. C’est une nouvelle forme d’art urbain.

Je suis un peu déçue, pour tout vous dire. Et s’il faut vraiment une réponse, je préfère celle que Tim Burton a imaginé dans « Big Fish ». Ce film raconte l’histoire d’un village où tous les habitants vivent pieds nus, car ils ont lancé leurs chaussures sur les fils électriques. Une manière de montrer qu’ils ont trouvé l’endroit où ils veulent rester, qu’ils n’ont plus besoin de soulier, qu’ils veulent abandonner leur vie d’avant et en construire une nouvelle sans avoir besoin de marcher plus loin.

La mode du "shoe tossing", venue des Etats Unis
La mode du "shoe tossing", venue des Etats Unis © Radio France
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