Edition spéciale après les attaques qui se sont déroulées vendredi soir à Paris. François Hollande a déclaré l'état d'urgence et fermé les frontières. Le plan rouge alpha multi attentats a été déclenchés. Explications et analyses.

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Ancien général de division de l’armée de Terre, Vincent Desportes était l'invité de France Inter après les attentats de Paris du 13 novembre 2015. Selon lui, "les Français ne pourront plus vivre aussi libres qu'ils l'étaient" et devront faire des sacrifices. "Ce massacre, ajoute-t-il, est un retour au réel : il aura fallu payer le prix du sang pour que les Français comprennent qu’ils sont en guerre."

Daech est un entrepreneur qui trouve sa clientèle dans la misère

Bertrand Badie a, lui, voulu balayer le terme de "guerre" : le professeur à Sciences Po considère en effet que la France ne peut pas être en guerre puisque Daech n’est pas une armée."Daech est un entrepreneur qui trouve sa clientèle dans la misère", a-t-il rappelé. Pour llui, il est impossible pour la France dans ce contexte d'accueillir la COP21.

La méthode tranche avec celle employée pour Charlie Hebdo

A en croire Gilles Kepel, nous serions passé à un stade nouveau avec cette série d'attaque.

"Les gens qu’ils ont tués font partie de toutes les catégories de la population française, analyse Gilles Kepel.

C’est cette fois tout à fait différent : nous avons très peu repéré de « bravo » ou de remerciement. En fait, les kamikazes ont recréé l’unité nationale …

"Les Xe et XIe arrondissements, poursuit-il sont des quartiers de la mixité sociale… Lors de Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, on avait tapé sur les « islamophobes », les apostats et des Juifs. Quand il y a eu la polémique « je suis Charlie », « Je ne suis pas Charlie », une partie de la jeunesse issue de l’immigration a refusé de s’identifier à Charlie. C’est cette fois tout à fait différent : nous avons très peu repéré de « bravo » ou de remerciement. En fait, les kamikazes ont recréé l’unité nationale … "

L'engagement militaire en Syrie de la France ne changerait, à cet égard, pas grand chose : "Avec ou sans intervention en Syrie, il y aurait eu des attentats", affirme le spécialiste du terrorisme. "Nous sommes attaqués pour ce que nous représentons", a réagi de son côté Elizabeth Guigou, député PS et présidente de la commission des Affaires étrangères.

Des scènes de guerre

Sur place après les attaques, l'urgentiste et ancien de Charlie Hebdo, .Patrick Pelloux, décrit ce dimanche des quasi scènes de bataille, et des "blessures de guerre".

Sur les mesures concrètes à prendre, Patrick Pelloux invite chacun à une forme de solidarité militante, à l’image de celle rencontrée chez les Américains après le traumatisme du 11 septembre. Elle ne pourrait être efficace, selon lui, qu’à la condition que les signalements, par exemple téléphoniques, soient suivis d’effets immédiats. Tant dans l’intervention que dans la punition des canulars pour que ne subsiste aucun doute sur la véracité d’un appel de signalement.

La construction de l’identité musulmane ne se passe pas dans les mosquées

L’islamologue Rachid Benzine, voit dans les auteurs des attaques des « produits des sociétés belges ou française », et insiste sur le fait que la construction de l’identité musulmane ne se "passe pas dans les mosquées".

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